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EconomieOMC: les candidats à la présidence se pressent au portillon

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a recensé huit candidatures pour prétendre à la succession de son ancien patron, Roberto Azvedo.

Jesus Seade Kuri (73 ans), mexicain, ancien directeur général adjoint de l'OMC.
Jesus Seade Kuri (73 ans), mexicain, ancien directeur général adjoint de l'OMC.
AFP
Amina Mohamed (58 ans), kenyane, ministre des Sports du Kenya.
Amina Mohamed (58 ans), kenyane, ministre des Sports du Kenya.
AFP
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Huit candidats, dont le Genevois Hamid Mamdouh, se disputeront la direction générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève dans un contexte de crise économique mondiale. L’Afrique, qui n’a jamais piloté l’institution, part divisée avec 3 représentants.

Alors que le délai pour s’annoncer est arrivé à échéance mercredi en début de soirée, trois femmes et quatre hommes sont en lice pour remplacer Roberto Azevedo qui partira fin août, un an avant la fin de son second mandat. Jamais une femme n’a dirigé l’organisation qui fait face à une crise institutionnelle en raison du blocage américain du renouvellement des juges de son tribunal d’appel.

Autres problèmes, aux difficultés d’atteindre un accord sur la fin des subventions illégales à la pêche se sont ajoutés le report de la ministérielle à 2021 et une crise économique et du commerce mondial sans précédent en raison de la pandémie. De nombreux pays ont décidé de restrictions.

La lutte pour la présidence à la tête de l’OMC promet des frictions diplomatiques (KEYSTONE/Martial Trezzini)
La lutte pour la présidence à la tête de l’OMC promet des frictions diplomatiques (KEYSTONE/Martial Trezzini)
KEYSTONE

L’Afrique a jusqu’à présent été incapable de s’unir derrière un candidat, en raison des effets de la pandémie sur les réunions et de la démission surprise du directeur général. Parmi ses trois représentants, seul l’Egyptien Hamid Mamdouh, 67 ans et également genevois, se trouvait sur une liste de trois noms validée il y a quelques mois par l’Union africaine (UA).

Il se revendique comme le seul candidat de l’organisation africaine et celui du consensus entre pays développés et en développement. L’OMC est confrontée à d’importantes tensions entre les Etats-Unis et la Chine en raison de leur guerre commerciale.

Divisions autour de l’UA

L’une des raisons de ces divisions est le statut de pays en développement que la Chine peut s’autoproclamer avec les avantages qui accompagnent celui-ci. Les Etats-Unis, dont le président Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de faire quitter l’organisation à son pays, souhaitent une large réforme, notamment sur cette question.

Outre cet argument du consensus, le Genevois revendique aussi sa longue expérience de plus de 35 ans comme négociateur puis comme haut fonctionnaire à l’OMC, avant d’avoir rejoint un cabinet d’avocats sur les questions commerciales. Face à lui, l’ancienne ministre nigériane Ngozi Okonjo-Iweala estime qu’«il n’y a pas de controverse avec l’Union africaine elle-même. L’Union africaine n’a pas choisi de candidat».

Elle s’attend elle à ce que celle-ci en désigne un «dans les prochains jours». Elle-même peut s’appuyer sur le soutien du bloc de l’ouest de l’Afrique et d’une coalition de femmes africaines.

A quelques heures de la fin du délai, la ministre kényane des sports, du patrimoine et de la culture Amina Mohamed s’est ajoutée à ce différend. Grande connaisseuse de l’OMC dont elle a présidé les trois organes les plus importants par le passé, la responsable de 58 ans a également été à la tête de la diplomatie kényane jusqu’en 2018. Depuis longtemps mentionnée parmi les candidats possibles, elle aura attendu presque jusqu’à la fin du délai prévu par l’organisation, ce mercredi en début de soirée.

Cinq candidats non-africains

Plusieurs observateurs pensaient qu’elle renoncerait en raison des négociations pour un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et son pays, le premier entre Washington et un Etat africain. Selon certains, plusieurs membres de l’OMC ne seraient pas favorables à ce qu’elle devienne directrice générale en raison de la pression que ces discussions pourraient mettre sur le Kenya.

Cinq autres candidats veulent empêcher le scénario d’un premier directeur général africain depuis le lancement de l’OMC il y a 25 ans. Jesus Seade Kuri, un ancien directeur général adjoint de l’organisation mexico-libanais, la ministre sud-coréenne du commerce Yoo Myung-hee, Tudor Ulianovschi, un ex-chef de la diplomatie moldave, et Mohammad Maziad Al-Tuwaijri, ancien ministre de l'économie saoudien, se sont lancés.

L’ancien secrétaire britannique au commerce Liam Fox est également candidat. Cette nomination est une des conséquences du Brexit puisque la Grande-Bretagne ne fait plus partie depuis quelques mois du bloc de l’UE au sein de l’organisation.

La démission de M. Azevedo a elle bousculé un processus de désignation qui prend de nombreux mois. Le patron de l’OMC n’est habituellement pas choisi par une élection, mais par consensus entre les 164 membres comme toutes les décisions au sein de l’institution. Première, sans accord d’ici fin août, l’un des directeurs généraux adjoints piloterait provisoirement l’organisation à Genève.

ATS/NXP