«No Billag»: Manuel Tornare face à Adrien Faure

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Mais où sont les partisans de l’initiative lancée par les Jeunes PLR suisses soutenus par les petits et moyens entrepreneurs? A Genève, sur les trente-sept prises de position enregistrées par la chancellerie seules trois invitent les électeurs à voter pour le texte qui vise à supprimer l’obligation de la redevance qui largement finance la SSR et la plupart des radios et télévisions privées. Les opposants à l'image de Manuel Tornare, conseiller national socialiste sont sûrs qu’une acceptation conduirait au démantèlement de la radio et de la télévision suisse. Les partisans tels que Adrien Faure, membre des Jeunes PLR genevois défendent que seul un redimensionnement de la SSR sera la conséquence d'un vote favorable. Verdict dans deux semaines.

Liberté avant tout: débillaguez-vous!

Adrien Faure, membre des Jeunes PLR genevois

Supprimer la taxe Billag est d’abord une question de principe qui nous interroge sur l’importance que nous souhaitons donner à la liberté dans l’organisation de notre société. En effet, si nous avons vraiment à cœur de défendre et favoriser la liberté individuelle, alors nous devons respecter la liberté de chaque individu à choisir s’il souhaite ou non s’abonner à un média, et, s’il le souhaite, à choisir le ou les médias de son choix. C’est ensuite une question de pouvoir d’achat, puisque la suppression de la taxe permettrait une économie bienvenue pour les ménages modestes et la classe moyenne, qui pourraient employer les 450 francs de la taxe comme bon leur semble. Par ailleurs, il s’agit d’une question de redistribution des richesses et de justice sociale entre les générations. En effet, du fait notamment de leur moindre expérience professionnelle, comparativement aux autres classes d’âge, les jeunes ont en moyenne un niveau de revenu et de fortune inférieur au reste de la population, mais comme ils sont aussi la classe d’âge qui consomme en moyenne le moins la SSR, nous nous retrouvons dans la situation où la classe d’âge la moins fortunée de la société finance les goûts de classes d’âge davantage aisées. Supprimer la taxe Billag c’est donc aussi mettre fin à une redistribution des richesses qui se fait au détriment des plus jeunes. En outre, c’est aussi anticiper un déplacement de nos modes de consommation audiovisuelles et médiatiques vers Internet et le cyberespace, une tendance décentralisatrice en cours qui devrait s’accentuer durant les vingt prochaines années. Cette mutation des habitudes de consommation s’accompagne d’ores et déjà d’une transformation et d’une diversification des modes de production médiatiques et audiovisuelles, que ce soit en ce qui concerne les formats produits ou les modalités de financement (notamment avec le financement participatif). Enfin, la suppression de la taxe Billag représente une amélioration de la qualité de nos institutions démocratiques, en rendant davantage indépendants nos médias de l’influence des autorités politiques et étatiques.

Contrairement à ce qu’affirment nos détracteurs, il est faux de dire que sans la taxe Billag les Romanches, les italophones et les Romands se retrouveraient sans chaîne de télévision. L’existence d’une chaîne de télévision sans financement public au Liechtenstein, pays peuplé de seulement 38 000 habitants, est bien la preuve que l’offre audiovisuelle peut s’adapter à une demande de taille réduite. Il est tout aussi faux d’affirmer que les médias privés seraient moins aptes et moins efficaces à fournir un journalisme et une information de qualité que les médias sous perfusion publique. Il me semble que la presse écrite suisse en fait quotidiennement la démonstration. Pour toutes ces raisons, je vous invite à voter, et à faire voter, oui à l’initiative «No Billag».

Haut de la page

Il était une fois la télévision suisse?

Manuel Tornare, conseiller national socialiste

L’initiative «No Billag» vise clairement à démanteler le service public. Un lobby très puissant et bien doté, payant des parlementaires à Berne (qui savent très bien utiliser la SSR pour leur carrière politique!), veut le réduire au maximum. La conception large du service public que défend la SSR, attaquée sur plusieurs fronts, garantit des contenus médiatiques de qualité, variés et indépendants, essentiels pour la formation de l’opinion publique. La taille critique suffisante de la SSR permet d’assurer ces prestations, capables de résister à la concurrence étrangère active en Suisse, la SSR favorisant la cohésion nationale grâce à son contenu journalistique.

Dans cette campagne, on entend tout et son contraire et les fakes news fleurissent. À ceux qui prétendent que «le modèle étatiste SSR a fait son temps, que la gestion publique/privée s’impose», rappelons que la SSR n’est nullement au service de l’État, mais est soumise à l’obligation de diffuser une information libre, critique et diversifiée. Nous ne sommes pas en Russie…

À ceux qui affirment que «la SSR jouit d’un monopole accaparant les ressources, ne laissant aucune chance aux médias privés», renvoyons ceux-ci au mandat inscrit dans la loi qu’elle reçoit, qui contient des obligations claires: la SSR doit être au service de la démocratie suisse, de ses quatre langues, de ses cultures. Sans redevance, ce mandat n’est pas réalisable. D’autre part, la SSR n’a jamais empêché le développement de médias privés. Et que deviendraient les minorités francophone, italophone, romanche, qui profitent de la répartition de la redevance, sans un média de service public? Dans ces parties de notre pays, le marché, peu rentable, séduit peu des groupes commerciaux suisses, mais elles seraient la proie de groupes étrangers, ayant une surface territoriale rentable suffisante, qui inonderaient le paysage audiovisuel de notre pays…

À ceux qui clament qu’il y a un plan B! «Qu’avec No Billag, la SSR continuerait à exister»: la SSR ne parviendrait pas avec une telle décision à refinancer son offre actuelle, et surtout pas en Romandie ou au Tessin.

À ceux qui avancent le prix de la redevance, 365 fr. dès 2019, soyons clairs: avec sa suppression, on ne pourra plus regarder certains événements sportifs, surtout suisses, ou culturels, car trop chers. On devra payer pour les voir, et bien plus cher. Offre donc restreinte, mais coûteuse. Comme la base de Canal+: 600 francs par an… veut-on cela? Discuter du contenu de la SSR, chacun y souscrit, mais en la «tuant»? N’oublions pas aussi que la redevance fait vivre des dizaines de radios ou TV locales, soutient le cinéma suisse, etc. Et la SSR, ce sont des milliers d’emplois.

Certains pays ont voulu tuer le service public audiovisuel: la «berlusconisation» ou la «blocherisation» de nos médias publics nous menacent, et veulent formater l’opinion publique.

Résistons. Votons NON à «NO Billag» le 4 mars 2018.

Haut de la page

Créé: 18.02.2018, 19h28

Nos invités


Retrouvez ici tous les invités de la Tribune de Genève La rubrique L’invité(e) est une tribune libre (3000 signes, espaces compris) sélectionnée par la rédaction. Avant d’envoyer votre contribution, prenez contact assez tôt à courrier@tdg.ch, afin de planifier au mieux son éventuelle publication.

Articles en relation

Tout ce que vous devez savoir avant de parler de No Billag

No Billag Tout le monde a son avis sur No Billag. Pour en débattre en connaissance de cause, tout le monde devrait savoir ce que la SSR coûte et dépense. Voici des faits et des chiffres. Plus...

Pourquoi «No Billag» terrorise le cinéma suisse

Économie Un oui à l’initiative mise en votation le 4 mars serait une catastrophe totale pour le monde audiovisuel helvétique. Témoignage des milieux concernés. Plus...

Quitte ou double pour les radios et TV genevoises

Médias Le vote du 4 mars sur «No Billag» réglera le sort d’une série de stations locales. Deux scénarios s’opposent: l’anéantissement ou l’aide accrue si le non l’emporte. Plus...

La RTS critiquée pour son manque de neutralité

«No Billag» Des réclamations ont été adressées à la médiatrice de la RTSR en lien avec l'initiative. Une émission a dû être retirée du site Internet. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Sortie du livre 'Sodoma, enquête au coeur du Vatican'
Plus...