«Mon discours de St-Pierre» par Bertrand Buchs et Nicolas Walder

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Jeudi 31 mai à 17 heures, les Genevois sont conviés à la cathédrale Saint-Pierre, dans la limite des places disponibles, pour assister à la prestation de serment du Conseil d’État élu les 15 avril et 6 mai. La législature qui s’ouvre commencera le 1er juin et durera cinq ans – ainsi l’a voulu la Constituante. La nouvelle Constitution exige qu’un programme de législature soit présenté au Grand Conseil, qui doit l’adopter par voie de résolution dans les six mois. Le discours qui sera prononcé jeudi par Pierre Maudet en résumera les axes principaux. Nous avons demandé aux présidents de partis de préciser leur propre feuille de route, Ajourd'hui: Bertrand Buchs, Président du Parti démocrate-chrétien genevois et Nicolas Walder, Président du parti Les Verts Genève.

Le respect du bien commun…

Bertrand Buchs, Président du Parti démocrate-chrétien genevois

En tout premier, il faudra rappeler les valeurs sur lesquelles l’État devra s’appuyer pour diriger le canton: le respect du bien commun, la solidarité, la subsidiarité et la défense des plus faibles.

Deuxièmement: décliner l’action des politiques publiques en partant de la vie quotidienne des Genevoises et des Genevois. L’État doit être là pour les citoyens et non pour promouvoir son propre fonctionnement.

À partir de ces deux propositions, il va falloir repenser le cadre et la qualité de vie des Genevoises et des Genevois: comment pouvoir m’occuper de ma famille, comment pouvoir me loger, comment pouvoir me déplacer, comment pouvoir trouver ou conserver un emploi, comment pouvoir payer mes charges (assurance-maladie, impôts, loyer…), comment pouvoir vivre mon troisième âge dignement…?

Il va donc falloir donner des réponses: quid du congé parental, des places de crèches, des logements à proximité du lieu de travail, des transports publics rapides et confortables, d’un encadrement adapté au maintien à domicile des personnes âgées…?

Il faudra aussi penser à une promotion de la santé par une politique de médecine préventive ambitieuse intégrant un vrai combat contre les polluants (air, bruit, lumières nocturnes et qualité de la nourriture).

Il faudra également réfléchir aux charges financières supportées par nos concitoyens. Une augmentation des impôts n’est plus envisageable, et l’accroissement des primes d’assurance-maladie devient insupportable. Alors il faut oser faire les réformes qui vont permettre de diminuer les charges de l’État.

Avec ces économies, proposer des aides ciblées, oser une baisse de la fiscalité et réfléchir à la mise en place d’un revenu universel.

Alors, disons-le clairement: le Canton et les communes doivent remettre sur le métier leurs responsabilités – qui fait quoi? – et cela avec un vrai transfert de charges et de fonctionnaires.

Les moyens financiers existent, mais ils sont mal répartis. Les communes ont un trésor de guerre qu’elles doivent mettre à disposition de la population, et la Confédération doit arrêter de transférer ses charges sur le Canton.

Genève devra donc être beaucoup plus présent à Berne et avoir enfin un poids politique en rapport avec sa force économique.

Pour terminer, il va falloir oser le Grand Genève. Genève ne peut pas proposer une amélioration de son cadre de vie sans devoir réfléchir sérieusement avec ses voisins français et vaudois aux solutions à proposer. Il faut créer une assemblée du Grand Genève et lui permettre d’avoir force de proposition (par exemple: faire revivre les zones franches pour y développer des zones industrielles).

Alors, on se lance et on ose.

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Porter la transition avec enthousiasme

Nicolas Walder, Président du parti Les Verts Genève

Notre gouvernement fraîchement élu a choisi de s’engager avec détermination et courage sur la seule voie qui ait de l’avenir pour notre canton, celle d’un développement inspiré par l’écologie politique, construit non pas contre ses habitants mais avec et pour eux.

Nous sommes en effet arrivés à la conclusion que notre système socio-économique n’est plus en mesure de répondre aux défis du XXIe siècle. Il favorise la surconsommation et la concentration des richesses, accroissant d’autant les deux périls que sont l’épuisement des ressources et la précarisation de notre population. Pour ne rien arranger, ces effets s’accompagnent d’un tassement des ressources de l’État et d’une baisse générale de la qualité de vie. Devant un tel constat, notre gouvernement a décidé de lancer de manière coordonnée de grandes réformes basées sur des orientations ambitieuses, responsables et progressistes.

C’est ainsi que nous entendons désormais privilégier une économie qui crée et redistribue plus équitablement les richesses, une économie au service de notre canton qui fait la part belle aux PME. Pour protéger les plus faibles contre le phénomène des working poor et la volatilité du marché du travail, nous proposerons l’introduction d’un salaire minimum cantonal ainsi que, progressivement, d’un revenu de base inconditionnel. Le modèle d’économie circulaire devra à terme remplacer celui basé sur les énergies fossiles, le gaspillage des ressources et la production de déchets afin d’atteindre une baisse de la consommation d’énergies fossiles de 50% d’ici à 2030. Car au cœur de notre Constitution se trouve le droit à un environnement sain.

Ainsi, nous entendons freiner le développement de l’aéroport et privilégier partout la mobilité douce et les transports publics tout en renonçant définitivement à la chimère de la traversée du lac. Par ailleurs, notre gouvernement soutiendra une agriculture de proximité et biologique et luttera contre l’étalement urbain en favorisant les coopératives d’habitation dans des quartiers mixtes et verts. Et si Genève peut être fière de ses organisations internationales, cela lui confère aussi un devoir d’exemplarité en matière d’accueil des migrants contraints de fuir leur pays et d’aide au développement, qui sera désormais augmentée à 0,7% du budget.

Quant à la fiscalité, qui est au cœur de grands enjeux de notre législature, nous veillerons à ce que les prochaines réformes ne se fassent pas au détriment des prestations à la population. Enfin, par souci d’équité, nous renforcerons la lutte contre l’évasion et travaillerons à l’abolition de tous les forfaits, niches et boucliers fiscaux.

Mesdames et Messieurs, ce ne sont là que quelques exemples de réformes courageuses qu’un président du Conseil d’État visionnaire aurait pu annoncer lors de son discours de Saint-Pierre. Un discours engagé appelant à lutter contre toutes les inégalités et les discriminations mais aussi à défendre votre qualité de vie et cette Genève solidaire, écologique et responsable que j’appelle de mes vœux.

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Créé: 28.05.2018, 08h32

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