Messe à Saint-Pierre

Face-à-faceLe pasteur Emmanuel Fuchs, et le vicaire épiscopal Pascal Desthieux s'expriment à propos de la messe catholique prévue à Saint-Pierre le 29 février.

Image: Dessin Herrmann

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Le président de l’Église protestante de Genève, le pasteur Emmanuel Fuchs, et le vicaire épiscopal, l’abbé Pascal Desthieux, ont demandé à s’exprimer ici à l’approche de la messe catholique romaine qui sera célébrée dans le temple de Saint-Pierre le 29 février. Des éléments pour comprendre le sens de ce prêt aux catholiques d’un lieu symbolique du combat des réformés pour leurs idées.


Sur le chemin d’unité

Par Emmanuel Fuchs, président de l’Église protestante de Genève

L’Église protestante a pris l’initiative d’inviter l’Église catholique à célébrer une messe à la cathédrale Saint-Pierre, temple de la Réforme à Genève depuis 1536.

Cet événement à forte portée symbolique est le fruit de l’histoire de ces 60 dernières années, marquées par un élan œcuménique qui a rapproché nos deux Églises à Genève.

Constatant qu’elles sont aujourd’hui réunies dans le travail pastoral, notamment auprès des plus vulnérables d’entre nous, mais aussi dans la formation catéchétique auprès des enfants et des adultes, pour de nombreuses célébrations dans notre canton, nous avons jugé qu’il était temps de manifester que nous vivons une nouvelle page de notre histoire commune.

Accueillir les catholiques pour une messe à Saint-Pierre manifeste de manière claire la fraternité des chrétiens de Genève et dit le désir de l’Église Protestante de Genève d’avancer sur le chemin d’unité voulu par le Christ. C’est un geste libre, souverain, gratuit, évangélique auquel rien ni personne ne nous a contraints si ce n’est notre conviction que nous sommes un peuple confiant, riche et fier de son passé, attentif aux signes du temps présent et sans crainte vis-à-vis de l’avenir.

Aujourd’hui au XXIe siècle, face aux défis du temps présent, nos Églises protestante et catholique ici à Genève ne doivent pas d’abord se définir en opposition l’une par rapport à l’autre mais doivent avoir ce désir commun de porter ensemble témoignage à la cité de l’Évangile de Jésus-Christ.

Le conseil de paroisse de Saint-Pierre, soutenu par le Consistoire de l’Église Protestante de Genève, comprend parfaitement les enjeux d’un tel geste qui loin d’affaiblir, affirme et renforce l’identité des réformés genevois qui n’hésitent pas à prendre parfois des décisions qui bousculent les habitudes au nom d’une raison plus haute: le Christ qui fait «toutes choses nouvelles» (Apocalypse 21,5).


Pas de reconquête

Par l’abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal pour le canton de Genève

Une messe à la cathédrale? Cela se fait chaque année depuis quinze ans à la cathédrale de Lausanne. Et cela peut se vivre en sens inverse: le 28 octobre 2017, les réformés belges ont célébré un culte solennel d’action de grâce pour les 500 ans de la Réforme à la cathédrale de Bruxelles.

Il y a quelques années, je parlais avec un ami pasteur de l’expérience lausannoise, ajoutant que cela serait un magnifique geste œcuménique de le vivre à Genève, mais que cela prendrait encore beaucoup de temps. Grâce à l’audace de cet ami et de ses collègues, le temps a passé très vite, et l’impensable va se réaliser.

Nous vivrons cette messe catholique dans la cathédrale protestante avec joie et reconnaissance. Une joie sans aucun triomphalisme: nous avons choisi la date de l’entrée en Carême, avec une démarche pénitentielle où nous demanderons pardon pour nos fautes contre l’Unité. Est-il nécessaire de préciser qu’il n’y a aucune velléité de «reconquête»? Nous avons bien assez d’églises et sommes satisfaits de l’emplacement de notre basilique Notre-Dame à Cornavin. Notre joie sera celle de célébrer dans un lieu chargé d’histoire. Une première cathédrale a été érigée au IVe siècle déjà. Elle a été depuis au cœur et au centre de l’histoire de notre Cité, de notre République, de notre Canton. Pendant plus de 1200 ans, elle a été le siège, la cathèdre de l’évêque de Genève, d’où son titre de cathédrale, avant de devenir le lieu emblématique de la Réforme et de la prédication de Calvin.

En 2020, cet événement est un signe fort de nos bonnes relations entre responsables d’Église et entre paroisses sœurs, de nos collaborations fructueuses dans toutes les aumôneries du canton auprès des personnes malades ou âgées, des prisonniers et des requérants d’asile, de notre action commune en faveur de la cohésion sociale et de la paix religieuse. L’hospitalité à la cathédrale nous touche et nous réjouit. Nous en sommes profondément reconnaissants.

Créé: 12.02.2020, 10h28

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