Macron, Mélenchon: drôle de démocratie républicaine…

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

C’est toujours la République, mais elle peut être d’essence monarchique ou révolutionnaire. C’est Emmanuel Macron contre Jean-Luc Mélenchon. Voilà un résumé des cinq premiers mois du quinquennat. Cette confrontation entre le président de la République et le président de la France insoumise est l’occasion d’un véritable cours d’histoire politique de la France. Mais ces deux pratiques démocratiques restent toutes deux aussi éloignées de la Suisse que l’est une Landsgemeinde à Glaris d’une séance de l’Assemblée nationale sous les ors du Palais-Bourbon.

Tout d’abord, rassurons les férus de politicailleries tricolores, on ne fera pas semblant de croire à la véracité de ce combat épique. L’un est président de la République et dispose d’une majorité confortable. L’autre est à la tête d’un groupuscule politique qui ne peut peser mais sait donner de la voix. Aussi Emmanuel Macron met un point d’honneur à donner de l’importance à Jean-Luc Mélenchon. Tant que son principal contradicteur est un outrancier qui effraie les modérés, il s’épargne une véritable opposition.

Oui, les modérés, qu’ils soient de gauche ou de droite – ces fameux «deux Français sur trois» que voulait fédérer au centre Valéry Giscard d’Estaing au siècle dernier – sont sa principale base électorale. C’est la grande masse des gens raisonnables dont le cœur ou le porte-monnaie penchent à droite ou à gauche. Mais penchent seulement.

Alors tant que Les Républicains sont divisés, en chemin vers le FN et en quête d’un leader, Emmanuel Macron sera leur réconfort. A gauche, l’effet miroir donne à Jean-Luc Mélenchon le même rôle d’empêcheur de reconstruire le PS. Le parti est lui éparpillé façon puzzle. Bien malin qui parviendra à retrouver toutes les pièces. Au final, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron surjouent leur adversité car tous deux y gagnent.

Mais alors qui perd? Les autres partis politiques réduits au rôle de spectateurs mais surtout les citoyens qui pour beaucoup avaient cru à une ouverture vers plus de participation, de consultation et de construction du consensus de la vie politique. Car Emmanuel «Jupiter» Macron comme Jean-Luc «Robespierre» Mélenchon, lors de la campagne présidentielle, ont été des fervents apôtres de ce renouveau de la vie politique française.

Depuis que les urnes ont parlé, chacun s’appuie sur ce résultat pour foncer tête baissée. Chez Jean-Luc Mélenchon, ses presque 20% le motivent pour tancer ses adversaires et leurs idées avec la fougue du révolutionnaire. Il parle du peuple, de la rue, de coup d’Etat, de renverser Macron… Nous sommes en pleine mythologie 1789, avec le vocabulaire et la fougue de circonstance. Passionné comme un livre d’histoire. Violent aussi.

Emmanuel Macron, lui, interprète son élection au suffrage universel comme l’octroi des pleins pouvoirs. Il surjoue le monarque. C’est beau et ça plaît à de nombreux Français comme un défilé de chars militaires sur les Champs-Elysées le 14 juillet. Son interview schumpétérienne dans Le Point de la semaine dernière est presque de l’ordre du grand comique. Emmanuel Macron n’essaye même pas de se faire comprendre. Mais il est sûr de lui, comme un Napoléon, que les succès à venir lui donneront raison. La réussite du pays n’est pas une construction commune mais une vision que le grand homme va imposer.

(TDG)

Créé: 07.09.2017, 21h53

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Merkel échoue à former une coalition
Plus...