Géants, le temps des lilliputiens est venu

Planète RéseauxDe Google à Facebook, les multinationales dominant Internet s'intéressent aux jeunes PME en train de créer l'économie du savoir.

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Pour les géants, c’est le temps du désamour. Non, il ne s’agit pas des géants qui ont animé Genève le week-end dernier. Ces deux géants-là n’ont pas manqué d’amour sur leur passage. Les géants dont il est question ici sont ceux du digital, les GAFA, ces Google, Apple, Facebook et Amazon auxquels il faut rajouter Microsoft. Critiqués pour leur optimisation fiscale, qu’ils pratiquent par ailleurs en toute légalité, les GAFA sont de plus en plus montrés du doigt.

Cette évolution coïncide avec une prise de conscience un peu tardive des Etats-Nations, qu’il s’agisse des Etats-Unis ou de l’Union européenne, à savoir la perte d’influence du politique sur les principaux acteurs, mondialisés, de l’Internet. Habilement, la régulation annoncée au nom de valeurs éthiques supérieures (lutter contre les «fake news», empêcher la manipulation des données récoltées, etc.) cache une volonté plus triviale: combler des déficits budgétaires abyssaux par des ponctions massives dans la nouvelle économie digitale. Or, c’est prendre le risque de casser l’innovation d’une économie qui établit encore ses fondations et qui est dominée par des géants aux pieds d’argile.

«Avec un modèle basé sur la gratuité de l’accès la dépendance à la publicité exige de passer à de nouveaux modèles d’affaires»

Les GAFA fascinent. La simple évocation de leur valorisation boursière, des centaines de milliards, provoque crainte ou admiration. Cette fascination est pourtant trompeuse. Il serait plus utile de s’attarder sur l’évolution des chiffres d’affaires, des résultats nets, du nombre de brevets déposés, de la nature des investissements consentis par ces géants. Les GAFA sont des entreprises devenues adultes et un peu obèses. Par crainte d’un retour de balancier, fiscal et juridique, elles se diversifient et placent les capitaux acquis avec inquiétude. Avec un modèle économique basé sur la gratuité de l’accès, en particulier pour Google et Facebook, la dépendance à la publicité exige en effet de passer à de nouveaux modèles d’affaires.

C’est l'ère de l’économie du savoir et de la maîtrise des données qui se prépare sous nos yeux. Basée sur l’expérience utilisateur, la captation de l’attention et la transformation des réseaux en communautés d’intérêt partagé, cette économie du savoir puise ses ressources dans l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la robotique. Alphabet, la holding qui contrôle Google, l’a bien compris en s’intéressant aux nouvelles pépites de cette économie du savoir. Ces entreprises-là, start-up encore au stade de lilliputiens de la technologie digitale en regard des géants de l’Internet, sont nécessairement globalisées et mobiles. Elles recherchent davantage un espace viral que vital, un cadre propice à l’innovation et au partage du savoir. La Suisse peut être cette terre promise. (TDG)

Créé: 02.10.2017, 09h19

Dr Philippe Amez-Droz, chargé de cours et collaborateur scientifique, Medi@LAB-Genève

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