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Regard EcoLa durabilité à l’heure du Covid-19

Les dirigeants mondiaux continueront-ils à considérer le changement climatique comme une priorité alors que l’économie est entrée en récession et démarre sa phase de reprise? La Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, prévue initialement en novembre, a été reportée à 2021.

Du point de vue de la science du climat, la crise actuelle va offrir aux chercheurs une occasion unique d’étudier l’impact du comportement humain sur l’environnement. Nous avons la chance d’observer grandeur nature ce qu’il advient des gaz à effet de serre dans l’atmosphère alors que le monde retrouve les niveaux de transport international des années 50. Les engagements pris pour réduire les gaz à effet de serre seront-ils affaiblis face au ralentissement des économies? Ou bien l’expérience de niveaux de pollution plus faibles, y compris dans le monde émergent, et la compréhension des effets positifs sur la croissance économique des investissements dans les infrastructures vertes inciteront-elles à agir davantage?

Les habitants de nombreuses villes ayant bénéficié d’un air plus pur grâce aux mesures de confinement, la tolérance du public face à un retour au statu quo risque de diminuer et la reconnaissance de l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé publique augmentera. Le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA) estime que la soudaine amélioration de la qualité de l’air liée aux mesures de confinement va éviter 11?000 morts par pollution en Europe.

La recherche établit maintenant un lien entre l’exposition à la pollution et la propagation et le taux de mortalité du Covid-19, au travers des effets de la pollution atmosphérique sur la réponse immunitaire de l’organisme et de ses conséquences négatives sur l’état de santé des personnes. Un examen des causes de la crise et des facteurs favorisant celle-ci pourrait donner un nouvel élan aux efforts visant à renforcer les contrôles des émissions, notamment dans les transports.

En outre, les mesures de relance budgétaire pourraient donner un coup de fouet aux infrastructures vertes. Dans l’UE, du moins, il semble probable que tout programme de soutien à long terme sera aligné sur le «Pacte vert» pour l’Europe annoncé l’année dernière. Ailleurs, une augmentation de la disponibilité de prêts et de capitaux à faible coût rendra plus attractifs les investissements dans l’efficacité énergétique et les technologies renouvelables, qui nécessitent tous deux une mise de fonds initiale mais offrent un rendement économique positif.

Du point de vue de la durabilité du modèle économique, la pandémie met en évidence la faiblesse des infrastructures et la nécessité d’investir davantage. Jusqu’à présent, les plans de continuité des activités supposaient que toute fermeture forcée d’un site ou de bureaux d’une entreprise serait compensée par d’autres sites et n’envisageaient pas la possibilité que tous les sites soient mis hors service simultanément. La durabilité de nombreuses entreprises sera examinée de manière nouvelle et permettra aux plus agiles de se démarquer, y compris parmi les entreprises du secteur technologique.

Dans l’ensemble, nous observons avec attention le redémarrage économique de la Chine et de l’Asie, non seulement du point de vue épidémique, mais aussi pour identifier l’évolution des préférences des consommateurs, de leurs intérêts et les opportunités éventuelles.

Stéphane Monier

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