De Moscou à Hong Kong, un été critique

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À Moscou samedi. À Hong Kong dimanche. Pendant que la plupart des Européens savourent la quiétude de la mi-août, des dizaines de milliers de personnes battent le pavé de leur ville. Dans les deux cas, l’enjeu initial était limité. En Russie, les manifestants souhaitaient que les candidats d’opposition puissent se présenter aux prochaines élections municipales. Dans l’ancienne colonie britannique, ils exigeaient l’abandon définitif du projet de loi permettant d’extrader des citoyens vers la Chine populaire.

Mais à chaque week-end qui passe, ces demandes s’estompent peu à peu. Car la réponse brutale du pouvoir a changé la dynamique. À Moscou, les forces de l’ordre ont tabassé et arrêté des manifestants aussi bien que des passants. Des étudiants risquent de ne jamais obtenir leur diplôme. Des parents pourraient perdre la garde de leurs enfants. À Hong Kong, des gangs mafieux ont reçu pour mission de frapper à l’aveugle. Et l’armée chinoise a prévenu à mots couverts qu’elle interviendrait si nécessaire.

Dans les deux cas, semaine après semaine, l’enjeu véritable se révèle. En Russie, il s’agit de la présidentielle de 2024, celle à laquelle le chef de l’État en exercice ne peut en théorie pas se présenter. Mais il semble hors de question qu’un opposant se construise entre-temps une aura nationale en devenant maire de la capitale. En Chine, c’est le démantèlement du principe «un pays, deux systèmes» qui atteint un stade décisif avec la mise au pas de la seule enclave connaissant un semblant d’État de droit.

Dans les deux villes, le compte à rebours est enclenché. Il s’arrêtera le 8 septembre à Moscou, jour des élections municipales, et le 1er octobre à Hong Kong, lorsque la République populaire célébrera son 70e anniversaire. Cet été critique était difficilement prévisible. La manière dont il s’achèvera l’est tout autant.

Créé: 11.08.2019, 20h29

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Marc Allgöwer

Responsable de la rubrique Monde

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