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Vaccin national contre virus mondial

Ce lundi, place aux grands engagements pour fournir à la planète les armes – tests, thérapies, vaccins – contre la pandémie. Que tout le monde applaudisse ce soir au balcon le sommet qui, à l’initiative de l’Union européenne, mobilise le monde face au coronavirus. Une union sacrée que semblent valider les avancées des équipes scientifiques qui, quatre mois après la publication du portrait génétique du virus, planchent sur une… centaine de vaccins, dont quatre pourraient être disponibles à l’automne. La suite ressemble à la bande-annonce d’un film de la Warner, avec Julia Roberts en blouse blanche – Le téléphone sonne: «Docteur, le président en ligne.»

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Pourtant, à entendre les spécialistes du secteur, il est bien possible que ces grandes rencontres au sommet servent moins à définir la stratégie pour protéger l’humanité qu’à éviter que les grandes puissances pharmaceutiques ne se la jouent solo avec les vaccins qui arrivent cet automne. On l’a vu en mars, avec la tentative des États-Unis pour s’emparer de l’allemand CureVac. Nos autorités fédérales n’offrent-elles pas, de leur côté, un appui à de petits labos promettant les précieuses doses au pays dès la fin de l’été? Et cette fois on ne parle pas d’une surenchère pour des masques en non-tissé à 3 centimes.

«Un sommet qui tente d’éviter que les pays ne se la jouent solo avec les vaccins»

La mobilisation apparaît d’autant plus opportuniste que nombre de responsables politiques veulent faire oublier leur impréparation. L’ancien patron des vaccins chez le géant GlaxoSmithKline rappelle dans nos pages combien les gouvernements qui avaient appelé à l’aide la pharma lors du péril Ebola en 2013 ont ensuite fait la sourde oreille – dès le reflux de la menace à leurs frontières – aux appels à un maillage mondial d’usine à vaccins.

«Si tous les pays doivent bénéficier de ces avancées, ils ne peuvent fournir le même investissement; ceux qui le peuvent doivent porter le flambeau», implore dans une tribune publiée ce jour Jeremy Farrar, responsable de Wellcome, la deuxième fondation pour la recherche médicale après celle des Gates. Un rôle que semble moins que jamais prêt à fournir, en cette année de folie électorale, la grande puissance qui, au cinéma, est censée porter ce flambeau.

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