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La cuisine politique

Les mots pour un dirigeant politique, c'est un peu comme les ingrédients pour un chef-cuisinier, il faut savoir les utiliser. Une juste cuisson et le propos devient limpide, efficace. La main trop lourde sur les épices et on se demande ce qu'il fallait cacher.

Une analyse fine du vocabulaire de la petite cuisine politique française et suisse confirme malheureusement les clichés.

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La France se met à table à 20h pour l'allocution présidentielle et n'a pas d'autre choix que boire les mots du patriarche Macron. Elle avale des termes injonctifs, se gave de ses verbes hauts, de sa sémantique ampoulée à la sauce parfois désuète, empruntées à d'autres temps, d'autres guerres. En digne héritier de la haute gastronomie française, il propose un plat qui manque singulièrement d'humilité. Un fumet que même l'odeur du muguet n'aura pas réussi à masquer.

A l'opposé, la popote helvète mise sur la simplicité tout en se donnant les moyens financiers: des ingrédients de qualité, des produits locaux, des goûts qui se veulent rassurants. Sans oublier une approche pragmatique, consensuelle, garantie de la casserole aux papilles. On se goberge de ces saveurs familières, qui semblent si maîtrisées. A condition de s'en tenir à la recette de base. En changeant les ingrédients à chaque service, le plat finit par manquer de cohérence.

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