Le populisme climatique, un mal nécessaire

L’éditorial

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Il fallait oser le coup tactique. Intituler une initiative populaire «Pour la protection des glaciers» alors qu’elle vise en réalité à interdire les énergies fossiles d’ici à 2050, c’est plutôt bien vu. Chacun, en terminant son plein de diesel, aura ainsi le sentiment coupable de vider dans sa voiture les dernières gouttes du glacier d’Aletsch. S’y opposer en ces termes s’annonce délicat. Le justifier à ses petits-enfants aussi. Pourtant, l’appellation est on ne peut plus populiste. Les glaciers suisses continueront d’agoniser et cette initiative n’y changera vraisemblablement rien.


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Le débat en ces termes est pourtant bienvenu. Parce que depuis trop longtemps, ceux qui signent les accords internationaux sur le climat se gaussent d’être parvenus à de grands objectifs, sans jamais se donner les moyens de les atteindre concrètement. Parce qu’il est temps aussi de ne plus s’en remettre à l’augmentation de 1, 2 ou 3 degrés pour dire la gravité du problème. Tout cela est imperceptible pour une majorité de Suisses, comme le sont la montée des océans aux îles Fidji ou la récurrence des cyclones dans les Caraïbes.

Que ceux qui doutent donc de la réalité des faits se rendent plutôt dans n’importe quelle vallée de ce pays pour se désoler de ce qu’il reste des glaciers. Ils y verront, concrètement et physiquement, que les effets du réchauffement climatique sont au cœur des Alpes plus réels que dans tous les rapports d’experts. Les climatosceptiques ou autres climatoréalistes répondront que l’arrêt des énergies fossiles ne résoudra pas la question, que l’impact des activités humaines est négligeable dans ce processus. Un discours qui serait audible s’il ne conduisait au maintien de l’épuisement des ressources de la planète, aux effets collatéraux de la consommation des énergies fossiles et, surtout, à l’inaction. Et si la réponse passe par du climatopopulisme, alors c’est un mal nécessaire.

Créé: 28.03.2018, 08h54

Julien Wicky, rubrique Suisse

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