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Septante ans que la Suisse n’a pas organisé de Jeux olympiques. Après diverses tentatives déçues, Sion 2026 devait être la bonne. Ce sera surtout la dernière avant bien des lustres.

Les Valaisans ont décliné le projet à une claire majorité. Ouf! Ils nous épargnent ainsi des heures, voire des jours de débats parlementaires ainsi qu’une probable votation fédérale sur la question. Pour rien au final. Car même si les Valaisans avaient dit oui, les Suisses auraient tué le projet faute d’enthousiasme, de passion et de conviction, seuls à pouvoir soulever des montagnes. Du coup, le Valais aurait, comme après la Lex Weber, hurlé à la décision méprisante de cette Suisse des plateaux qui veut faire du canton alpin une réserve d’Indiens. Et si, admettons une seconde, la candidature avait franchi le cap national pour être soumis au couperet de l’instance olympique, on risquait de revivre le traumatisme suprême de 1999; celui d’un peuple «trahi» par le CIO siégeant pourtant sur ses terres.

Il fallait donc couper la flamme au niveau du bec. C’est fait. Merci, chers amis valaisans. Cette décision s’explique assez simplement. Les JO ne servent que les intérêts particuliers des notables du Vieux-Pays et de stations désespérément à la recherche d’argent frais. Les jeunes des villes se détachent de cette caste affairiste tandis que Zermatt, pour prendre un exemple iconique, a dit non parce qu’elle n’a pas besoin de Jeux pour se développer. Plus frappant: dans le val d’Illiez, seul Champéry, qui devait accueillir des épreuves, a soutenu les JO. Les communes voisines, Troistorrent et Val-d’Illiez, se sont désolidarisées. Les divisions suivent la ligne du porte-monnaie et les jeux n’enflamment plus âme qui vive. Leurs promoteurs ont tenté de peindre le projet en vert, assurantque le Valais inventerait les premiers Jeux durables. Personne n’y a cru.

Avant toute réforme conceptuelle, c’est le CIO qu’il convient de changer, de fond en comble. Sinon, le mouvement olympique ne se débarrassera jamais de l’image «magouilleuse» qui lui colle aux anneaux. Et l’organisation de JO constituera une compromission plutôt que la fantastique aventure qu’elle fut. (TDG)

Créé: 10.06.2018, 18h26

Pierre Ruetschi
Rédacteur en chef

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