Drôle d’attelage eurosceptique

L’éditorial

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La Grande-Bretagne et la Hongrie ne sont plus les seuls poils à gratter de l’Union européenne. La Pologne, qui a pourtant bénéficié, comme aucun autre pays, de la politique de convergence et du fonds social européen, les a rejoints.

Installés en novembre, les nationaux populistes du parti Droit et Justice (Pis) sont en train de dynamiter l’Etat de droit à Varsovie, comme l’avaient fait avant eux Viktor Orban et le Fidesz à Budapest. En ligne de mire: la culture, la justice et la presse indépendantes.

Mercredi, les 28 commissaires européens vont plancher sur ce nouveau cas de dérive autoritaire au sein de l’UE. Certains veulent même mettre Varsovie «sous surveillance». Comme ils avaient mis au ban Budapest. Sans grand effet, d’ailleurs!

Renégocier les traités au nom du souverainisme, refuser la monnaie commune, se désolidariser des autres pays membres à la première crise venue: voilà le credo sur lequel Polonais et Hongrois se retrouvent avec les Britanniques, éternels rétifs à la politique continentale.

Mais si les trois gouvernements sont des alliés de circonstance, ils forment tout de même un drôle d’attelage. Certes, le Polonais et le Hongrois sont «deux cousins, à l’épée comme au verre», dit l’adage. Mais le premier se méfie du voisin russe, quand le second fait du régime de Poutine, son modèle et son allié.

Sur les migrants, les trois pays ont donné de la voix, contestant la politique d’accueil des réfugiés et les quotas. Mais quand Londres traite d’immigrés des travailleurs hongrois, Orban dit que son pays est «blessé au cœur». Et Varsovie n’a toujours pas digéré l’obsession des tabloïds londoniens pour le plombier polonais.

Bringuebalant, l’attelage pourrait néanmoins peser sur la destinée commune. Des rencontres ont déjà eu lieu. Avec le changement politique en Pologne, l’euroscepticisme a pris du poids. Paralysant un peu plus l’UE, déjà plombée par les crises.

Créé: 12.01.2016, 18h56

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