Passer au contenu principal

Épidémie de Covid à GenèveSeul un petit quart des Genevois est immunisé

Une étude des HUG et de l’Université révèle que 22% de la population cantonale a développé des anticorps contre le virus. Le taux a doublé depuis juin.

L’étude des Hôpitaux universitaires de Genève et de l’Université a été conduite sur 2072 participants entre fin novembre et début décembre.
L’étude des Hôpitaux universitaires de Genève et de l’Université a été conduite sur 2072 participants entre fin novembre et début décembre.
Laurent Guiraud

Genève est encore très loin de pouvoir compter sur l’immunité collective pour terrasser l’épidémie de Covid-19. Conduite sur 2072 participants entre fin novembre et début décembre, une étude des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et de l’Université conclut que 22% de la population cantonale a développé des anticorps contre le coronavirus. Soit un petit quart ou un gros cinquième.

Ce chiffre, révélé ce jeudi, marque un doublement par rapport à la prévalence mesurée en juin (11%). Mi-avril, en pleine première vague, elle atteignait 6%.

Bien qu’en forte hausse, l’immunité développée à Genève «reste insuffisante pour protéger l’ensemble de la population genevoise dans les semaines et mois à venir», relève dans un communiqué le professeur Laurent Kaiser. Ce d’autant qu’on ignore la durée de cette protection naturelle contre le microbe. «Il s’agira de savoir si cette immunité dure à long terme ou si elle décline deux ans après l’exposition au virus et de connaître la proportion des personnes qui se feront vacciner sous peu», poursuit le chef du Service des maladies infectieuses des HUG.

Impossible stratégie

Avec la part de la population genevoise qui a déjà croisé le coronavirus et en est désormais protégée plus ou moins durablement, le terrain de jeu du microbe se rétrécit un peu – une tendance qui s’accentuera avec l’imminente vaccination, dont la durabilité de l’effet reste elle aussi mystérieuse. Mais quel seuil faudrait-il atteindre pour que suffisamment de personnes soient prémunies contre le virus et servent de rempart à celles qui ne le sont pas? Au service de presse des HUG, on estime qu’à partir de 70 à 80% de personnes immunisées dans la population, «la propagation du virus va naturellement diminuer», sans que cela n’assure nécessairement encore une protection complète. Le taux varie selon les maladies, note de son côté l’Organisation mondiale de la santé (OMS), citant le cas de la rougeole où il faut atteindre une proportion de 95% pour mettre à l’abri le reste de la population.

«Même si les enfants développent rarement des formes graves de la maladie, ils s’infectent probablement autant que les adultes et ils transmettent le virus de la même façon.»

Silvia Stringhini, privat-docent, directrice de l’étude

L’OMS s’est montrée critique face à des stratégies qui miseraient sur la libre propagation du virus pour atteindre l’immunité collective, à l’image de celle tentée cette année par la Suède. «On obtient une immunité collective en protégeant les gens contre un virus et ‎non en les y exposant», tranchait ainsi en octobre le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus.‎

Différences d’âge

L’étude genevoise montre que ce sont les jeunes adultes qui ont plus souvent croisé le chemin du Covid. Chez les 18-35 ans, on observe en effet une séroprévalence de 27 à 28%. Ceux qui ont le plus évité le microbe sont les très jeunes enfants (15% d’immunité jusqu’à l’âge de 6 ans) et les plus âgés, avec un taux de 14% chez les personnes de 65 à 74 ans et 10% au-delà.

Les enfants au-delà de 6 ans présentent un taux proche de la moyenne générale, en forte hausse par rapport à la première vague durant laquelle les écoles étaient restées fermées. Ce qui laisse penser qu’ils s’infectent et transmettent comme les adultes, même s’ils sont moins sujets aux formes graves de la maladie. Les faibles taux observés chez les seniors peuvent s’expliquer tant par la prudence accrue observée par un groupe jugé d’emblée comme étant à risques, mais aussi par des réponses immunitaires amoindries par l’âge.

Directrice de l’étude, la doctoresse Silvia Stringhini, privat-docent à la Faculté de médecine, tire les leçons de cette lecture générationnelle: «Cette faible immunité chez les personnes de plus de 65 ans, combinée au fait que les enfants s’infectent aussi facilement que les adultes, devrait nous inciter à une extrême prudence dans les rencontres intergénérationnelles», avertit celle qui dirige l’Unité d’épidémiologie populationnelle des HUG. Un message à méditer à l’approche des fêtes de fin d’année.

39 commentaires
    CHARLES PITTET

    l'année prochaine sera une année psychologique d'entretient inconfortable à cause des individus (es )se plaingnant de la durée de la pandémie surtout les accusations se porteront sur ceux qui ne n'auront pas reçu le vaccin. Surtout peuple genevois ne craignez rien de la partie genevoise car le probleme viendra de la france, pas de problème. Nous les conaissons depuis des années lumières, surtout le jeux, la formes, du comment ces gens engagent cet absentéisme psychosomatique sur le milieu du travail. L'hypocrisie qui circulera viendra de ces milieux français. Lisez avec goût les réflexions d'en-bas sur la durée du liquide,