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L’éditorialSerrer la vis? Oui, mais pour tous

Le Conseil fédéral a pris ses responsabilités. Il pensait laisser aux cantons le choix de rendre obligatoire le port du masque dans les transports publics. Face à la recrudescence des cas de Covid-19, il a finalement décidé d’imposer la mesure à tout le pays.

Pour les autorités genevoises, c’est un soulagement: le masque obligatoire appliqué différemment d’un canton à l’autre aurait représenté un vrai casse-tête.

Prise au niveau fédéral, la décision a le mérite de la clarté. Son application, en revanche, risque de se heurter à plusieurs obstacles. Comment la règle sera-t-elle imposée sur le terrain? Comment éviter que le masque obligatoire n’apparaisse comme un élément anxiogène aux yeux des usagers déjà réticents à remonter dans un bus? Il faudra faire preuve de pédagogie et de subtilité.

Une autre difficulté se présente: pendant des semaines, les autorités ont présenté les masques, qui se faisaient rares, comme inutiles, voire dangereux. Elles disent maintenant le contraire. Comment ne pas se défier de la parole officielle, alors que le dénigrement du masque à l’époque apparaît rétrospectivement comme une tentative de manipuler l’opinion?

Cette communication biaisée se paie cher aujourd’hui: les recommandations du gouvernement et des experts ont perdu de leur valeur auprès d’une opinion échaudée.

Enfin, le tour de vis imposé aux transports publics ne sera accepté que si la même sévérité s’applique partout. Les autorités n’ont pas brillé par leur cohérence: comment autoriser 10’000 personnes à se réunir sur une place pour manifester, puis distribuer des amendes à 10 passagers dans un bus? Il est temps d’en finir avec les inégalités de traitement. Sans quoi plus personne n’admettra de nouvelles contraintes.