Sécurité en Ville de GenèveAux Grottes, les habitants inquiets des méfaits de la drogue
«Café avec un agent» revient pour la troisième année, en soirée cette fois-ci. Les habitants des quartiers de la Ville sont invités à rencontrer les agents municipaux. Ce vendredi, c’était au tour des Grottes.

«Le «Café avec un agent» s’est mué en un afterwork, explique Christophe Nardo, chargé de communication du Service de la police municipale de la Ville de Genève. Les autres années, nous donnions rendez-vous le matin à la population et on touchait majoritairement des retraités. Cette fois, nous visions davantage la tranche des actifs.»
À la crêperie Le Nant des Grottes, il y a foule ce vendredi. Les gens se pressent autour des deux agents de police municipale (APM) attablés. Les consommations sont offertes, mais seulement celles sans alcool. Les habitants ont été invités par un tous-ménages glissé dans les boîtes aux lettres.
Michel, arrivé parmi les premiers, a parlé longuement avec les policiers. Le retraité, qui réside aux Grottes depuis quarante ans, «adore son quartier». Avec sa compagne, dont la mobilité est réduite, il s’inquiète néanmoins de la dégradation du vivre-ensemble, «à cause du deal de drogue qui fleurit sur la place des Grottes et au Quai 9», non loin de là. Ou encore à cause des bagarres verbales qui sont courantes.
Incivilités dans les parcs
Mais ce qui le préoccupe encore davantage, ce sont les incivilités dans le parc voisin des Cropettes, commises par des personnes à vélo ou à trottinette électrique. «Ma compagne est obligée de s’écarter avec ses cannes et si elle tombe, c’est dangereux, regrette Michel. Et si on intervient, on se fait insulter!» Les deux APM l’ont-ils entendu ce soir? Michel reconnaît qu’«ils ne peuvent malheureusement pas tout faire, ils ne sont pas assez nombreux». Pour lui, une présence plus visible serait souhaitable.
Dans la file d’attente, Nathalie, la quarantaine, est arrivée début mars aux Grottes. Elle reconnaît que c’est bruyant. «En hiver les fenêtres sont fermées, mais je crains l’été.» Elle vient pour voir ce que les policiers ont à dire. Mère de trois jeunes adultes, elle est préoccupée à cause du Quai 9 juste à côté. «J’avais un peu peur d'emménager ici, mais je n’avais pas le choix.»
Deal et bruit incessant
Un groupe de quatre habitantes de la rue Baudit sont bien décidées à se faire entendre. «Depuis sept mois, c’est l’enfer!» Leur voisin, un toxicomane qui serait également dealer, accueille chez lui de nombreuses personnes, disent-elles. Six à sept squatteurs vivraient chez lui. Un va-et-vient infernal qui les empêche de fermer l'œil. Coups à la porte, bagarres dans le couloir seraient leur lot, tous les soirs.
«La police vient régulièrement. Mais à chaque fois, les occupants sautent par le balcon de l’autre côté», dénoncent-elles en chœur. Elles ont interpellé leur régie, sans succès. Certaines vivent seules et elles ont peur de passer sur la place des Grottes «où traînent des petits délinquants». «C’est triste. On devrait avoir le droit d’en profiter et les enfants aussi.»
Marie Barbey-Chappuis, conseillère administrative chargée de la Sécurité, insiste sur l’importance de ces rencontres. «L’ADN des agents municipaux est la proximité. Cela permet de prendre la température du quartier et d’orienter les problématiques vers le réseau, police cantonale, services sociaux et sanitaires.»
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