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L’éditorialSe soucier plus vite du patrimoine

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C’est un secret de Polichinelle: la défense du patrimoine attise bien des passions à Genève. Or, si le climat est conflictuel, notre canton peut dormir sur ses deux oreilles: la Cour des comptes vient d’évaluer favorablement son efficacité en matière de protection du patrimoine. Parfois critiqué, malmené lors des derniers votes sur la densification de la zone villas – qui ne préservait pas assez le bâti mais aussi la nature – Antonio Hodgers affichait mardi un visage radieux, lors de la présentation des résultats.

La Cour lui conseille toutefois d’intégrer les discussions autour des bâtiments dignes d’intérêt plus en amont des projets de construction. Une consigne visiblement appréciée par le président du Conseil d’État, car lui aussi estime que la conservation du patrimoine est étudiée trop tardivement dans le processus de densification.

«Si on en parle en fin de parcours, c’est le clash assuré», admet-il, tout en promettant d’y remédier lors des futurs projets de construction. Membre de l’ex-Mouvement contre l’enlaidissement de Genève (rebaptisé SOS patrimoine – Contre l’enlaidissement de Genève), Leïla el-Wakil se réjouit que le patron de l’Aménagement s’engage dans cette voie. Rien de nouveau cependant, puisque cela nous ramène à 1975, Année européenne du patrimoine. Genève s’en était fortement inspiré et avait alors mis en œuvre ce que la Cour des comptes lui recommande aujourd’hui.