L’Europe et la Nasa veulent dévier un astéroïde avec un satellite kamikaze

EspaceIls vont envoyer un projectile en juillet 2021, pour un impact prévu en octobre 2022.

Image d’illustration. 241693835/tangoas - stock.adobe.com

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«Les dinosaures ont disparu parce qu’ils n’avaient pas de programme spatial. » Cette boutade, souvent attribuée par erreur à Arthur C. Clarke (alors qu’il citait lui-même un autre auteur de science-fiction, Larry Niven, dans une interview au New York Times en 1999), est devenue un classique lorsque l’on évoque le risque d’un impact météoritique de grande ampleur avec la Terre. On oublie souvent qu’elle se poursuivait par les mots suivants: «Et si nous disparaissons parce que nous n’avons pas de programme spatial, nous l’aurons bien cherché.»

Force est de constater que les choses n’ont malheureusement pas beaucoup évolué depuis… À ce jour, nous ne disposons ni des télescopes qui permettraient de nous avertir suffisamment tôt de l’arrivée d’un astéroïde de plusieurs dizaines ou centaines de mètres, ni des technologies pour le dévier de sa route et éviter la catastrophe. Statistiquement, les astronomes estiment qu’il tombe sur Terre un astéroïde de plus de 10 km tous les 100 millions d’années (comme celui qui a provoqué l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années) ; de plus d’un kilomètre tous les 750.000 ans ; et de plus de 150 mètres tous les 10.000 ans.

3 options pour éviter la collision avec les gros astéroïdes

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Le risque est certes faible, mais le danger est à la fois si grand et si prévisible (pour peu qu’on s’en donne les moyens) qu’il serait dommage de ne pas s’y préparer. Les États-Unis et l’Europe avaient ainsi décidé il y a quelques années de se lancer dans une mission commune pour tester un dispositif de «défense planétaire». Parmi les trois principales techniques envisagées (voir infographie ci-dessus), c’est celle de l’impacteur cinétique qui fut retenue: envoyer un satellite kamikaze s’écraser sur un astéroïde pour le dévier de sa route. Pendant ce temps, un autre vaisseau devait rester en orbite pour caractériser la cible et évaluer le résultat de l’opération.

Un missile tiré en 2021

La Nasa prévoit de lancer le missile Dart en juillet 2021, pour un impact prévu en octobre 2022. La cible est le plus petit des deux corps qui constituent l’astéroïde double Didymos. Il ne mesure que quelques dizaines de mètres. L’impact devrait en principe modifier la manière dont les deux corps tournent l’un autour de l’autre, ce qui pourra être détecté depuis la Terre.

Quant à la partie européenne de la mission, le vaisseau de contrôle Hera, elle a finalement été acceptée après bien des péripéties lors de la ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui s’est tenue à Séville le mois dernier. Quelque 158 millions d’euros ont été alloués à la mise au point d’un orbiteur qui étudiera la morphologie du cratère d’impact et la structure interne de l’astéroïde-cible. «Il faut notamment que l’on détermine sa masse pour avoir une idée de l’efficacité du procédé», souligne Patrick Michel, astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur et responsable scientifique de la mission européenne. L’ESA devrait rallonger ce budget de 130 millions dans trois ans pour sa finalisation.

Comme l’ESA avait plusieurs fois retoqué le projet par le passé, celui-ci ne pourra malheureusement plus arriver à temps pour filmer l’impact. Son décollage est prévu en 2024 pour une arrivée en 2026. «Dart emportera un petit cubesat italien qui sera lâché avant l’impact pour prendre quelques images», rappelle Patrick Michel. «Nous effectuerons les analyses un peu plus tard, ce qui n’est pas trop gênant. Les paramètres que l’on veut mesurer n’auront pas changé entre-temps.»

Cette mission est aussi l’occasion pour l’Europe de se joindre enfin à la course aux astéroïdes lancée par les États-Unis et le Japon. Et de mettre ainsi en avant tout le savoir-faire accumulé sur le suivi des «petits corps» du Système solaire lors de la mission Rosetta autour de la comète Tchouri.

Créé: 10.12.2019, 16h28

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