Le cri de la femelle coucou serait une ruse

NatureLa femelle coucou, squatteuse en chef, augmenterait les chances de succès de son rejeton parasite en donnant de la voix.

Un coucou - Ron Knight / Flickr Creative Commons

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Pourquoi la femelle coucou glousse-t-elle après avoir pondu un oeuf dans le nid d'une autre espèce? Il s'agit d'une ruse pour détourner l'attention des oiseaux bernés, selon une étude publiée lundi.

Le coucou gris (Cuculus canorus) a l'art de faire couver ses oeufs par d'autres espèces, notamment la rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus). Ses oeufs imitent ceux de l'espèce squattée.

La femelle coucou dépose un oeuf par nid (elle peut avoir 8 à 25 oeufs par saison) et elle prend soin de subtiliser à chaque fois un oeuf de l'espèce parasitée afin que le compte soit bon. L'intrus, une fois éclos, se débrouille ensuite pour faire chuter du nid les autres oisillons, histoire de profiter pleinement de la nourriture apportée par ses parents adoptifs.

Mais si le chant du coucou mâle, qui a donné son nom à l'espèce, est bien connu, celui de la femelle l'est beaucoup moins. Celle-ci est plutôt du genre à agir de façon «secrète et rapide» lorsqu'il s'agit de déposer son oeuf chez les autres, soulignent deux chercheurs du département de zoologie de l'université de Cambridge.

Un cri d'épervier

«Il peut donc sembler paradoxal que les femelles coucou poussent des cris alors qu'elles sont en train de surveiller les nids des hôtes, en particulier juste après avoir parasité une couvée», remarquent les auteurs de l'étude publiée dans Nature Ecology & Evolution.

Les femelles coucou émettent une sorte de gloussement rapide «kwik-kwik-kwik», qui ressemble par sa fréquence au «kiii-kiii-kiii» de l'épervier (Accipiter), notent-ils. Les chercheurs Jenny York et Nicholas Davies ont testé l'effet du cri du coucou femelle sur la rousserolle effarvatte, une de leurs victimes favorites. Celles-ci ont «réagi fortement» et rapidement aux cris des femelles coucou, comme à ceux des éperviers.

Les scientifiques se sont aperçus que ces oiseaux se sentant menacés essayaient de se protéger en claquant du bec et en poussant des cris. «Cette vigilance accrue a eu pour effet de détourner leur attention de leur couvée», soulignent les chercheurs.

Les chercheurs en concluent que «le gloussement du coucou femelle qui ressemble à celui de l'épervier augmente les chances de succès du parasitisme». (ats/nxp)

Créé: 05.09.2017, 01h49

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