Une caméra suisse envoyée dans l'espace

Station spatialeLe dernier cargo automatique européen doit décoller mardi pour ravitailler la Station spatiale internationale (ISS). Une caméra suisse filmera les ultimes instants de l'appareil.

Le cargo sera lancé depuis la Guyane française par une fusée Ariane 5.

Le cargo sera lancé depuis la Guyane française par une fusée Ariane 5. Image: Keystone

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Nouveaux équipements de recherche, café, fil dentaire et une caméra suisse: le cargo spatial européen «Georges Lemaître» doit décoller dans la nuit de mardi à mercredi (03h47 en Suisse) pour ravitailler la Station spatiale internationale (ISS). Il s'agit du dernier vol d'un ATV.

Le véhicule de 20 tonnes sera lancé par une fusée Ariane 5 depuis le centre spatial de Kourou, en Guyane française. Il transporte 6,6 tonnes d'eau, de nourriture, de carburant et de matériels scientifiques, soit plus du double de ce que l'engin russe Soyouz peut acheminer.

Avec plus de 1232 articles à son bord, le cargo est un vrai bazar. Il livre notamment du pudding, du jus d'orange (et de mangue), des pâtes au fromage, du fil dentaire ou encore 50 kg de café, selon l'inventaire dressé par Airbus Defence and Space, principal partenaire industriel de l'ATV.

Construite par RUAG

Dans la partie scientifique de la cargaison de l'ATV-5 (Automated Transfer Vehicle) se trouve la caméra suisse. Construite à Zurich par l'entreprise suisse RUAG, elle doit filmer les derniers instants de l'engin spatial, lorsque ce dernier, à son retour de mission, pénétrera dans l'atmosphère terrestre et se consumera.

Le cargo «Georges Lemaître» devra auparavant rester arrimé à l'ISS pendant six mois. L'une de ses missions sera de déplacer, à l'aide de ses moteurs, la station vers une orbite plus élevée. Les astronautes chargeront ensuite leurs déchets dans l'ATV, avant que celui-ci ne se détache de l'ISS et ne se désintègre dans l'atmosphère terrestre.

Implication de l'EPFZ

La caméra infrarouge suisse doit aider à comprendre comment la structure de l'engin spatial se réchauffe avant de s'embraser et de se désagréger en raison de la chaleur et du frottement de l'air. La caméra transmettra ses enregistrements à une unité de communication protégée de la chaleur par une gaine en céramique sphérique.

Celle-ci enverra les informations recueillies à la Terre via un satellite de communication, avant de tomber dans la mer. RUAG Space traitera ensuite les données en collaboration avec l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ).

Les enregistrements visent à expliquer ce qui se passe exactement lorsqu'un grand vaisseau spatial se brise. Ils permettront de construire de grands satellites et engins spatiaux afin qu'ils brûlent complètement lors de leur entrée dans l'atmosphère à la fin de leur vie.

Le dernier cargo spatial européen ATV doit encore tester le nouveau capteur expérimental infrarouge «Liris». Celui-ci doit permettre aux futurs engins spatiaux de s'arrimer dans l'espace à des cibles dites «non coopératives», comme des astéroïdes ou des débris spatiaux.

Avec la fin des ATV, l'ISS sera ravitaillée par des vaisseaux russes Progress et des cargos opérés par des sociétés privées américaines sous contrat avec la NASA, SpaceX (Dragon) et Orbital Sciences (Cygnus). Le programme ATV a duré de 2008 à 2014 pour un coût total de 4,2 milliards d'euros.

Bouclier anti-micrométéorites

Il va se poursuivre avec le projet Orion de la NASA. Les technologies développées pour l'ATV vont en effet contribuer à la réalisation du module de service de la capsule, destinée notamment à transporter des astronautes vers la Lune.

Plusieurs entreprises suisses avaient été associées à la construction de l'ATV. RUAG Space a mis au point la structure de base du transporteur, et fourni des éléments du module de propulsion, ainsi qu'une partie de la structure intérieure.

APCO technologies, à Aigle (VD), a développé le bouclier anti-micrométéorites et anti-débris spatiaux, tandis que les composants électroniques servant à réguler la température du satellite ont été conçus par l'entreprise Syderal à Chules (BE). Clemessy, à Bâle, a fourni d'importants composants électriques. (ats/nxp)

Créé: 29.07.2014, 09h15

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