Les «amants de Modène» étaient des hommes

ArchéologieLes deux squelettes de l'Antiquité découverts main dans la main en 2009 à Modène étaient de sexe masculin, selon une étude.

Les deux squelettes ont été découverts en 2009 dans la ville de Modène en Italie lors de fouilles dans une nécropole datée entre le IVe et VIe siècle

Les deux squelettes ont été découverts en 2009 dans la ville de Modène en Italie lors de fouilles dans une nécropole datée entre le IVe et VIe siècle Image: Keystone

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Découverts enterrés main dans la main, ils sont rapidement devenus les «amants de Modène». Mais surprise, une étude publiée dans «Scientific Reports» révèle que ces deux squelettes de l'Antiquité étaient des hommes.

Découverts en 2009 dans la ville de Modène en Italie lors de fouilles dans une nécropole datée entre le IVe et VIe siècle, les deux individus étaient en trop mauvais état pour que les chercheurs puissent définir leur sexe.

Leur inhumation, particulière, avait alors laissé penser qu'ils avaient été placés ainsi pour «montrer leur amour éternel», expliquent les chercheurs dans un communiqué de l'Université de Bologne. Mais une nouvelle analyse met à mal cette lecture fleur bleue: l'émail dentaire des deux individus contiennent une protéine, appelée AMELY, apanage des hommes. Une découverte qui rend ces deux squelettes, exposés à Modène, encore plus intéressants.

Lien à élucider

«Dans le passé, plusieurs tombes renfermant des couples d'individus placés main dans la main ont été découvertes, mais c'est toujours un homme et une femme», explique Federico Lugli de l'Université de Bologne, coauteur de l'étude. Reste donc maintenant à découvrir ce qui liait ces deux hommes.

«Nous pensons que ce choix symbolise une relation particulière entre les deux individus, mais nous ne savons pas laquelle», reconnaît le chercheur qui aurait tendance à écarter tout lien amoureux du fait des pratiques sociales et des restrictions religieuses de l'époque. «Depuis 390, la passivité masculine est mal vue par la loi et à partir du règne de Justinien (527-565), les rapports sexuels entre hommes sont pleinement considérés comme un crime», précise l'étude.

«A la fin de l'Antiquité, il est peu probable qu'un amour homosexuel puisse être reconnu aussi clairement par les personnes qui ont préparé l'enterrement», explique le chercheur. «Étant donné que les deux individus sont d'âge similaire, à peu près 20 ans, ils pourraient plutôt être parents, par exemple frères ou cousins. Ou alors ce sont des soldats qui sont morts ensemble au combat», suggère le chercheur. (ats/nxp)

Créé: 14.09.2019, 00h10

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