Le tour de l'Antarctique en 90 jours

RecherchesPremier projet de l'Institut polaire suisse, l'Expédition circumpolaire antarctique a démarré mardi.

Le navire scientique russe, l'Akademic Treshnikov.

Le navire scientique russe, l'Akademic Treshnikov. Image: Keystone

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L'Akademic Treshnikov, navire scientifique russe affrété pour l'occasion, est parti d'Afrique du Sud pour faire le tour du grand continent de glace.

La bateau a quitté le port du Cap en fin d'après-midi au son du cor des Alpes. Les hymnes suisse et sud-africain ont retenti. Le brise-glace reconverti en laboratoire emmène 120 personnes, dont une soixantaine de scientifiques issus de 18 pays, qui vont récolter des données afin de mieux comprendre l'impact des changements climatiques dans l'océan Austral.

Durant trois mois, cette expédition fera le tour complet du continent antarctique, ont indiqué les responsables mardi au Cap devant la presse. Elle fera deux principales étapes à Hobart, en Australie, et à Punta Arenas, au Chili, et s'arrêtera également sur l'archipel des Crozet, les îles de Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud, ainsi que sur le glacier de Mertz.

Ce voyage est le premier projet du Swiss Polar Institute (SPI). Il a été lancé et soutenu par Frederik Paulsen, entrepreneur et philanthrope ayant une vaste expérience en matière d'exploration en Arctique. Le coût du projet n'a pas été précisé. Présence Suisse s'associe également à l'expédition.

L'océan austral joue un rôle central dans la régulation climatique de notre planète, a souligné l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué. Des courants marins d'eau glacée vont, en profondeur, des pôles vers l'équateur, tandis qu'inversement, des eaux et de l'air chauds sont acheminés en surface vers les régions froides.

Ce mouvement participe de manière significative au cycle du carbone et au stockage du CO2 dans les océans. «Essentiels pour l'équilibre du climat, les pôles sont aussi les régions les plus sensibles aux changements: c'est là que l'on enregistre les plus grands écarts de températures», relève Philippe Gillet, vice-président de l'EPFL et directeur ad intérim du SPI, cité dans le communiqué.

Du plancton aux micro-plastiques

Vingt-deux projets de recherche émanant d'équipes suisses, mais aussi britanniques, françaises, australiennes, notamment seront menés durant ce voyage. Ils ont été sélectionnés par un panel d'experts internationaux à la suite de l'appel organisé par les instituts polaires de huit pays: Afrique du Sud, France, Australie, Nouvelle-Zélande, Grande-Bretagne, Norvège, Russie et Suisse.

Les projets retenus touchent des domaines aussi variés que la glaciologie, la climatologie, la biologie et l'océanographie. Les chercheurs étudieront, entre autres, la formation des vagues, la variation géographique des quantités de plancton, les échanges chimiques entre air et eau, la biodiversité sur les îles, la capacité des fonds marins à stocker le CO2, la présence de micro-plastiques et leur impact sur la faune ou encore les populations de baleines.

L'Université de Genève conduira un projet sur la diversité des bactéries et virus dans différentes régions du pôle Sud. L'EPFL tentera quant à elle de savoir pourquoi l'océan Austral est devenu moins salé ces dernières années.

Chaire des environnements extrêmes

De plus, le SPI se dote d'une nouvelle chaire, dont la création a été signée mardi également. Intitulée «Ingvar Kamprad Chair of Extreme Environments» et soutenue par la société Ferring Pharmaceuticals de Frederik Paulsen, elle prendra ses quartiers au sein de l'antenne EPFL Valais-Wallis, à Sion.

S'inscrivant dans le cadre du centre de recherche spécialisé dans les environnements alpins et extrêmes, la nouvelle équipe aura pour tâche de renforcer la contribution scientifique, économique et diplomatique de la Suisse à la résolution des défis environnementaux tels que les changements climatiques et la gestion des ressources mondiales.

Le retour du bateau au Cap est prévu le 19 mars prochain. En septembre, un premier bilan de l'expédition sera présenté lors d'un symposium international organisé en Valais.

Créé en avril dernier, le SPI est un consortium d'universités suisses fondé par l'EPFL, l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL, l'EPF de Zurich, l'Université de Berne et les Éditions Paulsen. (ats/nxp)

Créé: 20.12.2016, 17h43

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