Des virus pour lutter plus efficacement contre le cancer

RechercheDes chercheurs en immuno-oncologie des Universités de Bâle et Genève viennent de présenter des travaux prometteurs.

Une cellule tueuse s’attaque à une cellule cancéreuse.

Une cellule tueuse s’attaque à une cellule cancéreuse. Image: DR

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Apprendre au système immunitaire à lutter contre les cellules cancéreuses, exactement comme il combat les infections. Voilà l’objectif de l’immuno-oncologie – technique présentée comme l’une des plus prometteuses dans le traitement des tumeurs. Dans cette quête, des chercheurs des Universités de Bâle et Genève (UNIGE) viennent de présenter des travaux prometteurs. «Nous avons modifié génétiquement le virus de la chorioméningite lymphocyte (LCMV) afin de le rendre inoffensif. Puis nous lui avons adjoint des protéines provenant de cellules cancéreuses, raconte le professeur Doron Merkler, du Département de pathologie et d’immunologie de la Faculté de médecine de l’UNIGE, principal auteur de l’étude avec le professeur Daniel Pinschewer, de l’Université de Bâle. Cette construction a ensuite été injectée à des souris cancéreuses, l’idée étant d’éduquer leur système immunitaire à reconnaître les tumeurs comme des éléments nocifs, à l’image des virus.»

Les résultats de ces travaux, publiés vendredi 26 mai dans la revue Nature Communications, montrent que ce virus modifié a permis d’alerter le système immunitaire des rongeurs, provoquant le recrutement de cellules tueuses dirigées contres les cellules cancéreuses. «La réponse a été forte et spécifique», se réjouit Doron Merkler. Brevetée, cette technique s’avère donc prometteuse. «Nous espérons qu’elle viendra enrichir l’arsenal thérapeutique contre les cancers, avec l’avantage de pouvoir être utilisée, en théorie, contre tout type de tumeurs, du moins celles dans lesquelles nous avons identifié une cible protéique spécifique», souligne le chercheur. Mais nous n’en sommes pas là. Avant de devenir un traitement, cette technologie devra valider son innocuité et son efficacité chez l’homme. «Nous sommes en train de chercher un nouveau partenaire industriel afin de débuter des essais chez l’homme», poursuit Doron Merkler. Des entreprises pharmaceutiques seraient déjà intéressées par cette opportunité. En Suisse, environ 38 000 cancers sont diagnostiqués chaque année, entraînant plus de 16 000 décès. Ils représentent la première cause de mortalité chez les hommes et la seconde chez les femmes, après les maladies cardiovasculaires.

Créé: 26.05.2017, 21h02

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