Après le Léman, les ULM quadrillent le lac Baïkal

RechercheLancé ce printemps sur les eaux du Léman, le projet Elemo 2 se poursuit au-dessus du lac Baïkal en Russie. Les ULM partis de Suisse analysent ces jours la couche supérieure des eaux de la «perle de Sibérie».

Un ULM du projet Elemo2.

Un ULM du projet Elemo2. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les premiers résultats s'avèrent concluants, selon les scientifiques.

Partis de Genève le 1er juin, les cinq ULM (ultralégers motorisés) conduits par deux pilotes russes et trois français ont traversé l'Allemagne, la Pologne et les pays baltes. Sept jours leur ont été nécessaires pour gagner Pskov en Russie, où le projet a été présenté à la presse, a indiqué mercredi Michael Krasnoperov, chef de projets au Consulat honoraire de la Fédération de Russie à Lausanne.

Vol pas autorisé

«A Pskov, nous n'avons pas eu l'autorisation de continuer notre vol», a raconté François Bernard, pilote de l'un des ULM. Ils devaient à l'origine survoler la Russie sur 7500 km jusqu'au lac Baïkal et effectuer des analyses scientifiques au cours de leur périple.

Les appareils ont finalement été acheminés au sud de la Sibérie par camion. Ils ont été remontés à Istomino, au bord du Baïkal.

Mauvais temps

Après les problèmes bureaucratiques, l'équipe arrivée sur place le 26 juin a été confrontée à de très mauvaises conditions météorologiques pendant quelques jours. «Ensuite nous avons pu commencer nos observations», a relevé le pilote.

«Nous travaillons à 2000 mètres de haut pendant deux à trois heures avec des caméras thermique et hyperspectrale, comme sur le Léman en mai dernier. Des zones de 30 km sur dix sont définies et il s'agit de les cartographier avec précision».

«Nous faisons des allers et retours afin de couvrir sans trou l'immense delta, une zone très intéressante où se jettent de nombreuses rivières et où l'on trouve de nombreux sédiments», a-t-il expliqué. Durant les vols, le pilote est accompagné d'un scientifique de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne qui contrôle les données et les calibrages.

Premiers constats

Mercredi, le tandem avait réussi trois vols sur cinq. «Cela marche très bien; de nombreux résultats préliminaires ont déjà pu être envoyés à l'EPFL. Nous avons par exemple pu constater qu'entre le rivage et le bord du lac, la différence de température est de huit degrés», a relaté François Bernard.

Les participants au projet Elemo 2 ont par ailleurs pris part lundi et mardi à une conférence consacrée au «Baïkal ressource stratégique de la planète au 21e siècle», a souligné M. Krasnoperov. Les médias russes se sont montrés intéressés par le travail des ULM, a-t-il constaté.

A mi-juillet, le relais sera transmis aux pilotes russes et un des cinq ULM va revenir en Suisse. Il reprendra ses explorations fin septembre, en synchronisation avec les quatre qui restent au bord du Baïkal. L'idée est d'obtenir une cartographie du Léman à chaque saison, a relevé François Bernard.

Pollution sous la loupe

Ces vols d'observation de la couche supérieure du lac compléteront le programme scientifique d'exploration des eaux lémaniques (Elemo). Réalisé en été 2011 par des sous-marins russes MIR, son but était d'analyser en profondeur la pollution et les micro-organismes présents dans les eaux.

En comparant les résultats obtenus en Suisse et en Russie, les chercheurs comptent raffermir leurs connaissances et leurs méthodes de travail sur les milieux lacustres. Des collaborations entre les deux pays seront mises sur pied sous forme d'échanges d'experts et de doctorants.

Lancés à l'initiative du consul honoraire de Russie à Lausanne Frederik Paulsen, les programmes Elemo sont réalisés par l'EPFL en partenariat avec l'entreprise pharmaceutique Ferring, basée à St-Prex. Divers instituts scientifiques russes, dont l'Académie des sciences naturelles, participent également au projet. (ats/nxp)

Créé: 10.07.2013, 08h45

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Genève se prépare à affronter le coronavirus
Plus...