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SantéDes virus tueurs de bactéries suscitent l'espoir

Des chercheurs de l'EPFZ ont manipulé des virus tueurs de bactéries, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans la phagothérapie.

De nombreux obstacles doivent encore être surmontés dans la phagothérapie.
De nombreux obstacles doivent encore être surmontés dans la phagothérapie.
Keystone

Des chercheurs de l'EPFZ sont parvenus à reprogrammer des virus tueurs de bactéries pour les diriger contre d'autres cibles que celles qu'ils visent habituellement. Balbutiante, la méthode pourrait un jour servir à lutter contre les bactéries multirésistantes.

Les bactéries sont des êtres unicellulaires sans noyau pouvant être bénéfiques ou néfastes pour l'organisme. Elles sont la proie de virus appelés bactériophages ou phages, qui les détruisent et s'en servent pour se multiplier. Chaque phage est spécialisé dans un type de bactérie.

Les scientifiques zurichois ont réussi à «manipuler» l'un de ces prédateurs de bactéries pour le diriger contre des cibles choisies. Il s'agit d'un «pas important» dans le développement de la phagothérapie, a communiqué lundi l'EPFZ. Les résultats ont été publiés dans la revue «Cell Reports».

Comme une clé

Les phages reconnaissent «leur» bactérie grâce à des protéines qu'ils portent. Ces protéines correspondent à un récepteur présent sur la bactérie, un peu comme une clé correspond à une serrure. Grâce à la technique de la radiocristallographie, les chercheurs ont identifié la structure d'une «clé» de phage anti-Listeria.

A partir de ce plan détaillé, ils ont créé de nouveaux récepteurs en assemblant des composants de protéines de différents phages, comme s'il s'agissait de briques Lego. Ils ont alors modifié génétiquement des phages anti-Listeria pour les équiper des clés ainsi façonnées et leur permettre d'accéder à de nouvelles souches de la bactérie concernée.

L'avantage de cette méthode est qu'elle permet de cibler très précisément des bactéries pathogènes, à l'inverse des antibiotiques qui affectent des bactéries de manière indiscriminée, y compris des «bonnes» bactéries. De plus, elle offre une solution à la résistance aux antibiotiques que développent les bactéries.

Pas pour demain

Mais son application n'est pas pour demain. De nombreux obstacles doivent encore être surmontés. La recherche conduite à l'EPFZ a surtout visé à montrer la faisabilité du procédé sur une bactérie-modèle. Il ne peut être répliqué tel quel pour d'autres phages et organismes hôtes. Cela n'entame pas l'optimisme des scientifiques.

D'autant qu'il y a quelques mois, des chercheurs américains ont rapporté dans la revue Nature Medicine qu'un adolescent de 15 ans souffrant de mucoviscidose s'était vu administrer avec succès des phages pour soigner une grave infection causée par la maladie. Des essais cliniques à large échelle seront néanmoins nécessaires avant que des thérapies puissent être approuvées.

(ats)

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