Raconter sa grippe sur une application

Science participativeImpliquer la population pour mieux comprendre la grippe: le projet de veille participative lancé en 2016 se développe.

Un site internet permet de déclarer ses symptômes de grippe. L’intérêt? Mieux détecter l’arrivée de l’épidémie et suivre son évolution.

Un site internet permet de déclarer ses symptômes de grippe. L’intérêt? Mieux détecter l’arrivée de l’épidémie et suivre son évolution. Image: Keystone

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Et si Monsieur et Madame Tout-le-monde contribuaient à la production de connaissances scientifiques? C’est l’objectif de la science participative. Le projet GrippeNet en fournit un bon exemple. Cette initiative, financée par l’Union européenne, reprise dans onze pays, dont la Suisse en 2016, propose à tout un chacun de participer à une meilleure surveillance de la grippe. Comment? En déclarant sur un site Internet le moindre symptôme pouvant évoquer un début de grippe, semaine après semaine. L’idée: détecter l’arrivée et suivre l’évolution de la maladie de manière plus fine et réactive que les réseaux traditionnels, basés sur les notifications des médecins. A long terme, l’objectif consiste à mieux comprendre la grippe. On ignore, par exemple, comment les gens l’attrapent. «Ce n’est pas le type de renseignement récolté par les médecins, relève le professeur Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale et initiateur du projet pour l’Université de Genève. Si le malade a la possibilité de décrire ses symptômes, de détailler ses habitudes, de dire où il vit, cela aidera à mieux comprendre comment la maladie se propage.»

Six mois après le lancement du site grippenet.ch, l’épidémiologiste dresse un bilan nuancé de cette première édition, qui sera reconduite cet hiver.

«Si on veut voir le verre à moitié vide, nous aurions voulu mieux faire. Nous visions 1000 participants et n’avons eu que 671 inscrits, dont seulement 342 actifs et réguliers.» Ce décalage s’explique selon lui d’abord par le média utilisé, «un site Internet classique peu pratique quand on le consulte sur son smartphone. On développe actuellement une application.» Ensuite, grippenet.ch a été lancé tard – en décembre. Il commencera dès septembre cette année. Enfin, si le système a bien fonctionné en Suisse romande, notamment à Genève, «la Suisse alémanique a peu participé».

Du côté du verre à moitié plein, Antoine Flahault estime d’une part que «671 utilisateurs, ce n’est pas si mal – le même nombre, en proportion, que la France après plusieurs années de service». D’autre part, l’expérience a prouvé selon lui son efficacité: «Nous avons détecté l’arrivée de l’épidémie deux semaines avant le réseau officiel Sentinella. Cela était attendu car les médecins de ce réseau reportent les cas une semaine après leur survenue et une semaine s’écoule encore pour valider les données.»

La précocité de GrippeNet est intéressante car «cela montre que l’on dispose désormais d’un outil capable, si une épidémie nouvelle et inconnue apparaissait en Suisse, de constituer sans délai un système performant de veille sanitaire participative, sans infrastructure sophistiquée». A l’avenir, Antoine Flahault voit de tels systèmes s’étendre à la surveillance d’autres maladies comme les gastro-entérites ou les maladies transmises par les moustiques. Sophie Davaris (TDG)

Créé: 02.06.2017, 22h34

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