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Comment nos pulsions se voient dans votre cerveau

A l’occasion de la Semaine du cerveau, qui débute lundi, plongée dans les neurones où naissent nos désirs

Le désir sexuel fait appel à des zones du cerveau très profondes et très cognitives
Le désir sexuel fait appel à des zones du cerveau très profondes et très cognitives
PASIEKA

D’où vient cette irrépressible envie de l’autre, ce désir fou qui embrase les corps? «Dans la culture populaire, la libido est souvent perçue comme une pulsion basique, primordiale, une sorte d’instinct de bas niveau qui nous rapproche des animaux, souligne Francesco Bianchi-Demicheli, médecin adjoint agrégé responsable de la consultation de gynécologie psychosomatique et médecine sexuelle aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Mais en fait, le désir sexuel fait appel à des zones du cerveau très profondes et très cognitives.»

Une conférence qui se tiendra jeudi prochain à Uni Dufour, dans le cadre de la Semaine du cerveau (voir encadré), se penchera sur les mystères du désir. Des mystères que l’imagerie, qui permet d’observer en direct les neurones excités, commence seulement à dévoiler. «Grâce à l’IRM fonctionnelle et la tomographie par émission de positons, cette boîte noire que constitue la libido est en train de s’ouvrir», souligne Serge Stoléru, psychiatre, chercheur à l’Inserm et auteur du livre Un cerveau nommé désir, aux Editions Odile Jacob (2016).

Pour mettre en évidence les régions cérébrales impliquées dans les pulsions sexuelles, le protocole expérimental est toujours, à peu près, le même: des cobayes placés dans une IRM visualisent des films érotiques ou des documentaires n’ayant rien à voir avec Eros et Cupidon. Puis les images du cerveau obtenues sont comparées afin d’identifier les aires qui s’activent lorsque l’appétence sexuelle augmente.

Et, ô surprise, loin de n’activer que des régions cérébrales primitives, le désir stimule des réseaux neuronaux ultracomplexes, engageant les aires du cerveau impliquées dans les émotions, le système de récompense et la cognition. «Cela dénote l’importance fondamentale de l’expérience et de l’apprentissage dans le désir, poursuit Francesco Bianchi-Demicheli. Le cerveau anticipe la récompense, ce qui augmente l’envie.»

Mais ce n’est pas tout. Si le désir est une chose, il doit également conduire au passage à l’acte. «Lorsqu’un homme est excité sexuellement par une femme (ou l’inverse), il est mû par une impulsion de passer à l’action pour concrétiser son désir, poursuit Serge Stoléru. Cela est dû, notamment, à l’activation de la substantia nigra, située dans le tronc cérébral, qui va contribuer à la motivation d’une personne d’aller vers l’autre, quels que soient le sexe ou l’orientation sexuelle.»

«Les zones gérant l’empathie sont également activées, note Francesco Bianchi-Demicheli. Ainsi, constater que l’autre partage notre envie renforce notre désir.» Si l’objet de convoitise reste propre à chacun, se référant à la mémoire et les expériences passées, les circuits neuronaux empruntés, eux, sont les mêmes pour tous – homme et femme. Avec des particularités: «Pour désirer, il faut généralement avoir une bonne image de soi, précise Francesco Bianchi-Demicheli. Et les émotions fortes, comme l’anxiété de perdre l’autre ou les disputes, ont plutôt tendance à stimuler la libido.»

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