Passer au contenu principal

Prisées, les opérations de la vue ne sont pas sans risque

Se passer de lunettes grâce au laser séduit toujours plus de monde. Bien que très rares, les cas de raté existent, les effets secondaires aussi. Témoignage et explications.

L’opération au lasik ne prend qu’une petite demi-heure pour les deux yeux.
L’opération au lasik ne prend qu’une petite demi-heure pour les deux yeux.
GettyImages

Marc* portait des lentilles pour corriger sa faible myopie jusqu’à ce qu’il se laisse tenter par une opération réfractive des yeux. Ce type d’intervention, pratiquée en ambulatoire sous anesthésie locale, consiste à changer la forme de la cornée pour corriger le défaut visuel.

Les myopes, astigmates, hypermétropes et mêmes les presbytes peuvent ainsi se passer de lunettes, pour autant que leur cornée soit une bonne candidate au laser. En octobre 2014, Marc se rend dans un centre de la région. «Je devais être opéré par lasik, mais au dernier moment, on m’a proposé une PRK (lire ci-dessous) en raison de mes arcades sourcilières proéminentes.» Un mois après l’opération, Marc ne voit toujours pas net, sa vue semble s’être détériorée. Il ne parvient même plus à travailler.

Après plusieurs mois de rendez-vous médicaux, il consulte un autre chirurgien. Le verdict tombe: ses yeux ont subi un décentrement. La PRK n’a donc pas travaillé là où elle aurait dû sur la cornée, mais quelques millimètres à côté. Malchance ou défaillance technique? Marc n’a pas les réponses, mais compte sur une action en justice pour faire la lumière sur ce qui s’est passé lors de l’intervention. Grâce à une deuxième opération survenue l’an passé, le jeune homme revoit. Son œil droit peut se passer de correction, mais le gauche a toujours besoin d’une lentille.

Rares complications

Le cas de Marc est extrêmement rare, à en croire les nombreux ophtalmologues interrogés à ce sujet. Le Dr Auguste Chiou, spécialiste en chirurgie ophtalmologique à Lausanne, explique: «Le problème de décentrement du traitement a quasi disparu avec les machines modernes pourvues d’un eye-tracker.» Un système qui traque les mouvements de la pupille et qui arrête le traitement si celle-ci bouge trop.

Le Dr François Majo, médecin au Centre ophtalmologique de la gare, précise: «Les traitements au laser de la cornée nécessitent la collaboration du patient. Celui-ci doit impérativement pouvoir fixer une lumière cible durant le traitement laser pour qu’il soit optimum. Des caméras suivent les mouvements oculaires pendant l’intervention et stoppent la procédure si ceux-ci sont trop importants. Ce système de suivi, ou eye-tracker, limite les risques de décentrement.»

Outils modernes et expérience

Les complications graves sont exceptionnelles, mais ne sont pas exclues. En vingt ans de pratique de chirurgie réfractive, le Dr François Majo n’a été confronté qu’à trois cas d’infections après une PRK. «Ces cas m’ont fait changer ma pratique, le suivi est journalier durant les trois jours qui suivent l’opération, ce qui permet d’adapter la prise en charge au moindre doute. De plus, j’utilise désormais un antibiotique à plus large spectre pour éviter ce type de complications», explique le spécialiste qui opère entre 10 à 15 yeux par semaine dans le centre lausannois ouvert en septembre 2015.

Le Dr Federico Mossa, du Centre de microchirurgie oculaire de Saint-Loup, a été confronté à un seul cas d’infection post-PRK en vingt-cinq ans d’activité: «Grâce aux nouveaux lasers que nous utilisons, les complications sont extrêmement rares. Les outils modernes sont moins agressifs pour les yeux.»

Avec la technique du lasik, le problème le plus courant est une mauvaise découpe du volet cornéen (ou lamelle). «Cela arrive si le laser est mal positionné. Il faut alors savoir réagir très vite, explique le Dr Jean-Jacques Chaubard, ophtalmologue au Centre ophtalmologique de Nyon. Par ailleurs, si la cornée n’est pas suffisamment séchée pendant l’opération, le laser ne parvient pas à faire correctement son travail et cela peut aboutir à un traitement asymétrique. Ces erreurs sont souvent imputées à des chirurgiens peu expérimentés.» A Nyon, le centre du Dr Chaubard traite entre 800 et 1000 yeux par an. Et de préciser que les problèmes liés à la chirurgie réfractive ne surviennent que dans 0,1 cas sur 100.

Effets secondaires

La Dr Kate Hashemi, responsable de l’unité de cornée et chirurgie réfractive de l’Hôpital Jules Gonin à Lausanne met en garde contre les effets secondaires du lasik: «La découpe de la cornée et le traitement au laser peuvent induire une sécheresse oculaire. Par ailleurs, le volet est replacé sur un lit dont on a changé la forme. Il peut donc y avoir des halos et des éblouissements pendant plusieurs semaines ou mois. On estime qu’une ou deux personnes opérées sur 1000 auront un problème de déplacement de volet suite à un traumatisme oculaire. La plupart des cas sont observés dans les deux semaines suivant l’opération.»

Période pendant laquelle le patient doit être vigilant. Doigt dans l’œil, choc ou frottement excessif peuvent faire bouger la lamelle, rendant nécessaire un deuxième traitement. Celui-ci peut aussi être proposé pour améliorer la vision lorsque la première opération n’a pas donné entière satisfaction.

«En général, 4 à 5% des patients ont besoin d’un retraitement lié à la cicatrisation postopératoire qui peut avoir des conséquences sur le résultat de l’opération», précise Kate Hashemi. Plus rare, mais particulièrement handicapant est l’apparition d’une ectasie, une déformation progressive de la cornée liée à la fragilisation de celle-ci. «Elle engendre un astigmatisme irrégulier et une myopie importante, précise la doctoresse. Heureusement, depuis quelques années, il existe un traitement photochimique avec des gouttes de vitamine B2 et des rayons UV qui permet de renforcer la cornée et de stabiliser l’ectasie.»

----------

*prénom d'emprunt

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.