Modernisation inédite à la poste pneumatique des HUG

LogistiqueLa logistique du transport de colis au sein de l’hôpital a été rénovée. Plongée dans ses tuyaux.

L’air compressé propulse les cartouches cylindriques à 15 km/h à travers le site de Cluse-Roseraie, des sous-sols aux étages les plus élevés. Cette logistique traditionnelle est en pleine cure de jouvence.

L’air compressé propulse les cartouches cylindriques à 15 km/h à travers le site de Cluse-Roseraie, des sous-sols aux étages les plus élevés. Cette logistique traditionnelle est en pleine cure de jouvence. Image: Lucien Fortunati

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Vers 8-9 heures, c’est l’heure de pointe. Les colis défilent. Ils peuvent partir de 167 stations, se croiser dans des gares de triage avant d’arriver à destination et de refaire le chemin en sens inverse. S’agit-il d’un réseau ferroviaire? De transports publics? Non, de la poste pneumatique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Flambant neuve, cette logistique aussi traditionnelle qu’inédite est en pleine cure de jouvence. Une nouvelle ligne, le monotube 160 PSL, a été mise en service l’an dernier. Conçues pour le transport de poches de sang, des cartouches cylindriques s’insèrent dans un diamètre de 160 mm et voyagent dans un réseau de cinq kilomètres de long qui relie sept stations, des blocs opératoires et des soins intensifs au bâtiment des laboratoires (BatLab), le Trafalgar square des HUG.

Pour ne pas briser la chaîne du froid, le convoyeur PSL, cette gare de triage qui redirige le trafic, est réfrigéré. Ses freins stoppent les cartouches puis son lecteur de cartes les envoie dans le bon tuyau (huit en tout). Chaque cylindre est muni d’une puce électronique qui donne sa destination et son adresse pour le chemin du retour. L’air compressé propulse les colis à 15 km/h, des sous-sols au dixième étage du bâtiment de Cluse-Roseraie.

Deux autres lignes complètent le réseau: la bitube 100 et la monotube 110 (le chiffre correspond au diamètre des tubes). La première, la principale, dessert 24 bâtiments et 152 stations sur 30 kilomètres. Elle transporte 2300 cartouches par jour et autant d’analyses sanguines, médicaments, courrier et matériel. Éventuellement du chocolat. Elle a été mise en service en 1976 et sa dernière rénovation date de 2012. Les trajets durent de deux à dix minutes. Quand les projectiles passent le long des couloirs des HUG, un léger sifflement sort des tuyaux.

Au BatLab, la gare terminus de la bitube 100 recense cinq tubes d’arrivée. Ils descendent vers les laborantins avant de se recourber, ce qui leur donne un air de cor des Alpes. Les cartouches sont aussitôt vidées et déposées dans six tubes de retour. En matinée, le va-et-vient incessant évoque les plus belles gares de métro. La dernière ligne relie huit stations des blocs opératoires à la pathologie, au CMU. Matières transportées: des biopsies. Une modernisation est prévue cette année.

Anachronique? Au contraire! «Le transport par cartouche est plus fiable, moins cher, plus efficace et accessible à tous», indique Aristide Bouty, responsable de l’atelier mécanique des HUG, en charge de la poste pneumatique. Encore aujourd’hui, des supermarchés et des banques utilisent les postes pneumatiques pour transférer rapidement l’argent des caisses en lieu sûr. Les aéroports et les douanes (des plates-formes qui occupent vite une grande surface) font de même. Aux HUG, le nombre de courriers dans les tubes à air a chuté avec l’avènement des e-mails, mais celui des paquets a augmenté, si bien que le nombre de passages est stable.

Les rénovations doivent relancer le système pour les prochaines décennies et accroître les flux. La poste pneumatique a encore de beaux jours devant elle.

(TDG)

Créé: 29.06.2018, 20h58

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