Malaria et officines font bon ménage

SantéUne exposition vante les métiers de la pharmacie à travers les remèdes contre le paludisme.

L’armoise annuelle, cette plante miraculeuse, qui soigne contre le paludisme, pousse notamment à Genève.

L’armoise annuelle, cette plante miraculeuse, qui soigne contre le paludisme, pousse notamment à Genève. Image: DR

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De la molécule à la pilule. Tel est le nom d’une exposition qui se tiendra à l’Université de Genève (UNIGE) du 30 juin au 22 septembre. Elle veut montrer au grand public les nombreuses étapes qui jalonnent le cycle de vie d’un médicament. En prenant l’exemple des soins antipaludiques et en soulignant les nombreux rôles du pharmacien.

Les traitements contre la malaria? Une vieille histoire marquée par une plante d’origine chinoise, mais qui pousse dans nos régions depuis des siècles, l’armoise annuelle. On en trouve à Genève, dans les Alpes, en Asie; l’Agroscope de Conthey (VS) a exporté ses graines en Afrique. Près de 3000 ans avant la naissance de Jésus-Christ, des textes chinois l’évoquaient déjà; en –300, un maître asiatique la recommandait pour soigner des «fortes fièvres».

De l'armoise naturelle à la quinine

L’armoise annuelle, ce remède de grands-mères, a été écartée suite à la découverte à la fin du XVIIe siècle d’une autre molécule, la quinine, extraite de l’écorce d’un arbre sud-américain. La quinine? C’est elle qui donne sa saveur amère au Schweppes, cette boisson gazeuse créée par un Genevois du même nom. La quinine, le colonisateur, puis le reste du monde, en a usé et abusé. Au point que les parasites transmis par les moustiques vecteurs de la maladie se sont habitués. Ils ont développé des résistances.

Retour aux sources donc, par l’intermédiaire de nos apothicaires. En 1972, Tu Youyou, une pharmacienne chinoise, isole la molécule miraculeuse de l’armoise annuelle, l’artémisinine (ce qui lui vaudra un Prix Nobel de médecine en 2015). Depuis 2006, l’OMS recommande la molécule comme premier traitement contre le paludisme. L’artémisinine pour les remèdes, la quinine et d’autres molécules pour la prévention.

En 2015, des pharmaciens synthétisent l’artémisinine, mais il faudra patienter une décennie pour que d’éventuelles solutions synthétiques soient commercialisées. En attendant, les traitements industriels reposent tous sur la petite plante. Le 25 avril – Journée mondiale de lutte contre le paludisme – l’OMS a lancé au Kenya, Ghana et Malawi des tests en vue d’un vaccin, le Mosquirix, développé par le groupe britannique GSK.

Six corps de métier

Après les pharmaciens chercheurs et industriels, ceux des officines. Eux expliquent la posologie du ou des traitements prescrits, veillent à la mise à jour des vaccins et conseillent sur les médicaments à prendre en voyage pour pallier tout risque sur place. Quant aux soins périmés, chaque magasin à croix verte les reprend. Ils les transmettront ensuite à l’usine des Cheneviers, où ils seront incinérés.

Académique, hospitalier, industriel, d’officine, d’administration et humanitaire. L’exposition genevoise identifie six corps de métier. Six professions qu’on trouve sur toute la chaîne des antipaludiques et autant de débouchés pour les étudiants en pharmacie. (TDG)

Créé: 16.06.2017, 15h56

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