L’hypnose par réalité virtuelle vient soulager les patients

SantéLa Clinique de Genolier utilise cette technologie pour diminuer l’anxiété et limiter les médicaments.


Le patient peut s’immerger durant quelques minutes, voire plus d’une heure, dans des univers virtuels, de la forêt au monde sous-marin. Il est guidé par une voix préenregistrée qui le mène à un état de conscience modifié.

Le patient peut s’immerger durant quelques minutes, voire plus d’une heure, dans des univers virtuels, de la forêt au monde sous-marin. Il est guidé par une voix préenregistrée qui le mène à un état de conscience modifié. Image: HYPNOVR

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Les pieds foulent le sable chaud et entrent dans l’eau. Le corps plonge doucement, les yeux s’ouvrent sur un paysage marin. Une tortue s’approche et s’improvise guide; le voyage commence. Tout comme la séance de chimiothérapie. La Clinique de Genolier, dans le canton de Vaud, qui appartient au groupe Swiss Medical Network – ce dernier intègre aussi la Clinique Générale-Beaulieu, à Genève – utilise depuis quelques semaines l’hypnose médicale avec casque de réalité virtuelle, une technologie développée par la start-up française HypnoVR – pour apporter plus de confort aux patients, en atténuant le stress ou des douleurs.

Voyage hypnotique

Tout a commencé dans un hôpital de Strasbourg, avec deux médecins anesthésistes et hypnothérapeutes, Denis Graff et Chloé Chauvin. Ils constatent les bénéfices de l’hypnose au quotidien, que ce soit comme alternative aux traitements de la douleur 100% médicamenteux ou pour accompagner une anesthésie locale lors d’une opération chirurgicale. «Seul problème: il faut des professionnels formés à l’hypnose et surtout disponibles, rapporte Nicolas Schaettel, cofondateur des casques HypnoVR. Pour faciliter l’accès à l’hypnose, ils se sont demandé s’il était possible de recréer ce sentiment de confort et de sécurité grâce à la technologie. Et ils m’ont contacté.»

Un dispositif est créé et commercialisé depuis l’an passé. Il comprend un casque visuel de réalité virtuelle et un autre auditif, ainsi qu’un logiciel. Plusieurs «mondes» d’immersion sont disponibles, de la plage au sous-bois, du voyage intersidéral au monde marin. Une voix préenregistrée, féminine ou masculine, fait office d’hypnothérapeute. À cela s’ajoutent des univers sonores imaginés par un compositeur formé en musicothérapie. Les sens du patient sont stimulés, il détourne son attention de la douleur ou de la peur, et plonge dans un état de relaxation, voire de conscience modifiée. La durée de la séance d’un «voyage hypnotique» peut varier de quelques minutes à plus d’une heure.

Aujourd’hui, la plupart des clients des casques HypnoVR sont français, mais le cofondateur de la start-up assure qu’il y a une «appétence» pour ce genre de technologie en Suisse également. «Il y a un intérêt de la part des soignants pour rechercher une alternative au tout-médicament.» Le système d’HypnoVR nécessite toutefois un certain investissement: entre 500 et 3000 euros pour le matériel (suivant la qualité de l’image et du son), puis l’abonnement au logiciel, de 140 euros mensuels à 349 euros (pour plusieurs dispositifs en simultané). La Clinique de Genolier a acquis six appareils, un par service. Aurélie Thomassin, directrice des soins de l’établissement, explique que cet investissement a été réalisé dans l’optique d’offrir un plus au patient.

Moins de stress et de médicaments

Avec quels bénéfices concrets? «Les bienfaits sont multiples pour le patient: une augmentation du confort, une diminution de l’anxiété et du stress, et une réduction de la prise d’anxiolytiques et d’antidouleurs», résume la directrice des soins. Sarah de Cupis, médecin anesthésiste, ajoute que ce système peut être utilisé dans une période périopératoire, «en complément ou en remplacement d’un médicament; en période opératoire, en parallèle d’une sédation locale; et enfin en postopératoire, pour les patients qui souffrent de douleurs persistantes, par exemple». C’est en oncologie que le dispositif est le plus utilisé, «au moins une fois par jour, notamment dans une optique de relaxation car les traitements de chimiothérapie sont parfois très anxiogènes», indique Aurélie Thomassin.

L’un des patients de ce service, qui souffre d’un cancer du sang, a expérimenté l’appareil par deux fois. «J’ai voyagé à la plage puis dans la forêt, raconte-t-il. Je me suis même endormi quelques minutes! Je suis assez convaincu, c’est un plus pour aider à se décontracter.» La responsable des soins soutient que le dispositif n’est pas un simple «gadget». «Ce système a été créé par des professionnels de la santé et approuvé médicalement.» Tout comme elle assure que la technologie ne va pas se substituer au travail des hypnothérapeutes ni remplacer le contact humain. «C’est complémentaire.»

La Clinique de Genolier est la première institution en Suisse à utiliser HypnoVR. Du côté de la Clinique Générale-Beaulieu, qui fait partie du même groupe que Genolier, on se renseigne mais on n’a pas franchi le pas. «Comme dans la plupart des hôpitaux et des cliniques suisses, nous utilisons déjà l’hypnose, notamment en radiologie ou à la maternité, détaille Cédric Alfonso, directeur général de l’établissement genevois. Mais la technologie de réalité virtuelle est une voie intéressante à étudier, des médecins m’ont notamment confié son utilité avec des enfants, avant d’administrer un vaccin ou une piqûre.»

Créé: 14.09.2019, 17h04

Cerveau: comment fait-on des choix?

Notre cerveau est sans cesse confronté à des choix: macarons ou éclairs au chocolat? Bus ou voiture? Pull rouge ou vert? Lorsque la différence de qualité entre deux propositions est minime, nous pouvons rester bloqués de longues minutes avant de prendre une décision. Pourquoi est-ce si difficile de trancher? Des neuroscientifiques de l’Université de Genève et de l’Université Harvard ont étudié le sujet. Ils ont créé un modèle mathématique qui démontre que la stratégie optimale consiste à faire la somme des valeurs associées aux souvenirs que l’on a de chaque choix, puis de calculer la différence qui existe entre les deux (ai-je plus de souvenirs positifs associés aux macarons ou aux éclairs?). Lorsque deux choix ont presque la même valeur, il faut plus de temps pour trancher car il faut solliciter plus de souvenirs pour que cette différence atteigne le seuil de décision. Ainsi, notre cerveau ne choisit pas une proposition pour sa valeur propre, mais pour ce qu’elle a en plus des autres propositions.
A.T.

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