La diffusion mondiale des épidémies serait prévisible

EtudeAvec l'accroissement du trafic aérien, les épidémies peuvent se propager à grande vitesse autour du globe. Comme le montre une étude d'un duo de chercheurs suisse et allemand publiée dans la revue Science.

L'expansion des épidémies suit des schémas mathématiques et est étonnamment prévisibles, selon une étude.

L'expansion des épidémies suit des schémas mathématiques et est étonnamment prévisibles, selon une étude. Image: Photo prétexte/AFP

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Par le passé, les modèles de propagation des maladies se basaient principalement sur l'éloignement géographique entre deux endroits. Une manière de faire aujourd'hui obsolète qui ne tient pas compte des voyages incessants par voie aérienne.

«C'est un changement total de perspective», a expliqué à l'ats Dirk Helbing, de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), co-auteur de ces travaux avec Dirk Brockmann, de l'Université Humboldt à Berlin. A l'heure actuelle, le chemin le plus court pour une maladie n'est pas la distance géographique, mais celui entre deux aéroports ayant le plus fort flux de voyageurs.

Les chercheurs ont ainsi imaginé une nouvelle «distance effective» qui selon eux simplifie les modèles de diffusion autrefois complexes. Ils ont créé une nouvelle «carte du monde» où les épidémies se répandent à partir de leur lieu d'origine en cercles concentriques de manière linéaire.

Cela permet de calculer assez simplement quelles villes seront atteintes en premier. «Les médicaments et le personnel médical peuvent ainsi être préparés et l'épidémie mieux combattue», estime le Pr Helbing.

Les deux scientifiques ont testé leur modèle rétrospectivement sur les pandémies de pneumonie atypique SRAS de 2003 et de grippe porcine de 2009, avec de bons résultats. Le calcul des voies de propagation de la grippe de 2009 correspondait effectivement au déroulement réel de la pandémie.

Enorme travail

Jusqu'ici, prédire l'évolution d'une épidémie demandait un énorme travail avec une quantité de données. Une solution consistait à effectuer des simulations informatiques sur la base de taux d'infections et de guérisons ainsi que de probabilités de contagion transmis à l'Organisation mondiale de la santé par les hôpitaux des pays concernés.

Une autre possibilité appelée «Big Data» consiste à suivre la maladie en temps réel sur internet à l'aide d'un calculateur qui recense toutes les recherches effectuées avec les mots-clés «grippe» ou «fièvre», par exemple. «Google Flu Trends» fonctionne ainsi. Mais cela aussi prend du temps, note le Pr Helbing.

La nouvelle méthode est plus rapide, demande moins de travail et ses prédictions sont meilleures, selon ses auteurs. En outre, l'analyse des voies de diffusion permet de retrouver l'origine de la maladie. «On ne peut prédire une épidémie que lorsqu'on connaît son origine», conclut le Pr Helbing. (ats/nxp)

Créé: 12.12.2013, 22h07

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