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Espace«Philae nous fait avancer sur l'origine de la vie»

L'exploration de la comète Tchouri sur laquelle se trouve le robot Philae révèle la présence de molécules organiques, briques de la vie.

Un dernier cliché pris par la sonde Rosetta, avant de s'écraser sur la comète Tchouri en septembre 2016, a été découvert dans un serveur de  l'Agence spatiale européenne (ESA), qui l'a publié jeudi. (Jeudi 28 septembre 2017)
Un dernier cliché pris par la sonde Rosetta, avant de s'écraser sur la comète Tchouri en septembre 2016, a été découvert dans un serveur de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui l'a publié jeudi. (Jeudi 28 septembre 2017)
AP
Quelques instants avant le crash final de Rosetta, les images se brouillent. La sonde a vécu. (Vendredi 30 septembre 2016)
Quelques instants avant le crash final de Rosetta, les images se brouillent. La sonde a vécu. (Vendredi 30 septembre 2016)
ESA, Keystone
Des experts au centre de contrôle de l'Agence Spatiale Européenne à Darmstadt, en Allemagne.
Des experts au centre de contrôle de l'Agence Spatiale Européenne à Darmstadt, en Allemagne.
Keystone
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Les nouveaux résultats scientifiques de l'exploration inédite de la comète Tchouri révèlent des structures et caractéristiques inattendues, dont la présence de quatre molécules organiques, des briques de la vie, jamais observées auparavant sur ces petits corps célestes.

Ce sont les principales conclusions tirées des mesures et analyses effectuées par les instruments de Philae, le petit atterrisseur, qui pour la première fois dans l'histoire a pu collecter des données directement sur un noyaux cométaire.

Témoin de la genèse du système solaire

«On découvre quasiment tout ce qu'on ignorait avant sur un noyau cométaire», a expliqué Jean-Pierre Bibring, professeur à l'Université Paris-Sud, responsable scientifique de Philae.

«Et rien de ce qu'on voit ne correspond réellement à ce qu'on pouvait imaginer d'une comète, depuis sa structure globale et à petite échelle aux propriétés physiques et à sa composition», a-t-il précisé dans un entretien téléphonique avec l'AFP.

Selon lui, cette moisson d'informations va faire progresser la compréhension des comètes, témoins de la genèse du système solaire il y a 4,6 milliards d'années.

Les études ont été publiées jeudi dans la revue américaine Science.

«On est convaincu que Philae va nous faire avancer considérablement sur l'origine de la vie» sur notre planète et aussi sur le fait de savoir si elle est fréquente ou pas dans l'Univers, a jugé le professeur Bibring.

Des précurseurs de molécules importantes pour la vie

Les quatre molécules détectées sur la comète entrent dans une chaîne d'évolution chimique pouvant aboutir à la formation de briques élémentaires de la vie, précise le scientifique.

Cette découverte a été faite peu après l'arrivée mouvementée de Philae le 12 novembre 2014 --après sa séparation de l'orbiteur Rosetta--, par l'un de ses dix instruments.

Au total seize composés ont pu être identifiés qui se répartissent en six classes de molécules organiques dont des alcools et des amines. Parmi ces molécules, les quatre jamais trouvées jusqu'à présent sur une comète, sont entre autres du méthyle et de l'acétone, des précurseurs de molécules importantes pour la vie comme les sucres et les acides aminés.

Mais la présence de ces derniers composés plus complexes n'a pas pu être identifiée avec cette première analyse, ont indiqué les chercheurs.

Les mêmes grains dans les océans terrestres

Ces observations donnent un aperçu des processus chimiques qui se produisent dans un noyau cométaire et même déjà dans le nuage de poussière qui, en s'effondrant, a donné naissance au système solaire il y a 4,6 milliards d'années, selon ces astronomes.

Dans la mesure où les comètes n'ont pas subi de changement depuis l'émergence du système solaire, on peut déduire de ces observations que ces composés organiques cométaires étaient déjà agglomérés sous forme de grains de plusieurs millimètres comme sur «Tchouri». On pensait jusqu'alors que seulement de petites molécules organiques étaient piégées dans la glace des noyaux cométaires.

Ce sont de tels grains qui en se retrouvant dans les océans de la Terre et peut-être sur d'autres planètes et lunes ailleurs dans le système solaire, auraient pu favoriser l'émergence de la vie, estiment les auteurs de ces travaux.

Philae dans un fossé

La trajectoire de Philae et les données enregistrées par ses instruments au moment du contact avec la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, alias Tchouri, montrent une surface granuleuse ou dure selon les endroits.

L'intérieur paraît plus homogène qu'anticipé, selon un radar à bord du robot qui a pu pénétrer le noyau de cinq km de diamètre. Ces observations confirment aussi une forte porosité estimée de 75 à 85%.

Les photos et mesures ont pu déterminer la position de Philae qui repose dans un fossé, couché sur le côté avec seulement deux de ces trois pieds en contact du sol.

Le module est entouré de parois qui compliquent son alimentation en énergie solaire et ses communications avec Rosetta.

«Très efficacement en survie»

Après son arrivée le 12 novembre, elle a pu fonctionner pendant 60 heures avant de s'endormir, faute d'un ensoleillement suffisant pour recharger ses batteries solaires. Elle s'est réveillée le 13 juin après sept mois d'hibernation alors que la comète se rapprochait du soleil.

Depuis, le robot peine à établir une communication suffisante avec Rosetta qui se trouve assez loin à 200 kilomètres pour éviter les jets de gaz et de poussière.

Lors de son huitième et dernier contact le 9 juillet, Philae a communiqué plus longuement transmettant des données. Mais la qualité de la communication n'a pas permis aux scientifiques de transmettre des commandes au robot pour faire fonctionner les instruments.

«Philae n'est pas mort mais reste très efficacement en survie», a insisté jeudi le professeur Bibring.

AFP

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