L'humain a fait disparaître l'ours des cavernes

PaléontologieUne étude à laquelle a participé la Suisse révèle que la chasse et la concurrence pour les cavernes sont responsables de l'extinction de l'animal de 3,5 mètres de haut.

Une reconstruction de l'ours des cavernes.

Une reconstruction de l'ours des cavernes. Image: Wikimedia, Sergiodlarosa

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L'être humain a joué un rôle-clé dans la disparition de l'ours des cavernes il y a un peu plus de 10'000 ans. La chasse et la concurrence pour les cavernes sont en cause, selon une étude internationale avec participation suisse publiée dans la revue Scientific Reports.

L'ours des cavernes (Ursus spelaeus), qui pouvait atteindre 3,5 mètres dressé, faisait partie avec le mammouth ou le tigre à dents de sabre de la mégafaune de mammifères qui peuplait le continent européen il y a 50'000 ans. Se nourrissant principalement d'herbes, de fruits et de feuilles, il a disparu au cours de la dernière glaciation.

Baisse drastique il y a 40'000 ans

A l'aide d'analyses génétiques et généalogiques de restes fossilisés, une équipe internationale emmenée par Verena Schünemann, de l'Université de Zurich, et Hervé Bocherens, de celle de Tübingen (D), montrent que les effectifs d'ours des cavernes ont commencé à chuter de manière drastique en Europe il y a 40'000 ans. Soit 10'000 ans déjà avant que le climat refroidisse.

Si la glaciation avait été en cause, on aurait assisté à une baisse progressive, estiment les chercheurs. Or c'est précisément il y a 40'000 ans que l'homme moderne a commencé à se répandre en Europe. Les ours ont donc selon toute vraisemblance été victimes des chasseurs, ce que confirment des trouvailles archéologiques.

Dispute pour les cavernes

L'être humain leur disputait également les cavernes. Or les ours étaient très attachés à leur lieu de naissance, comme le montrent les analyses génétiques.

Le refroidissement et le manque de nourriture ont fait le reste, selon les auteurs, les ours se fractionnant en de nombreuses sous-populations qui se sont retirées dans des régions plus tempérées. L'être humain a probablement aussi compromis les échanges entres ces divers sous-groupes et la stabilité de l'effectif global s'est effondrée.

Les scientifiques ont analysé des restes fossilisés de 59 ours des cavernes provenant de quatorze sites dans différents pays européens. En Suisse, de tels fossiles ont été retrouvés dans les Préalpes fribourgeoises dans la grotte du «Bärenloch» (trou à l'ours), près du Lac Noir.

Un ancêtre commun aux différentes lignées d'ours a pu être identifié. Il remonte à 450'000 ans. Des chercheurs français, italiens, serbes, espagnols et polonais ont également contribué à cette recherche. (ats/nxp)

Créé: 15.08.2019, 15h14

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