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Santé«Hommes et femmes pas égaux face à la maladie»

L'Académie de médecine souhaite une meilleure prise en compte des différences entre les sexes au niveau médical.

AFP

Parce qu'ils sont biologiquement différents, hommes et femmes ne souffrent pas des mêmes maux et ne réagissent pas de la même manière aux médicaments.

«Les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant la maladie et doivent donc être traités différemment», relève jeudi l'Académie dans une déclaration, disponible en ligne qu'elle vient de présenter à la presse.

Dans cette déclaration destinée à sensibiliser le grand public comme les médecins, l'Académie souligne que certaines maladies comme la maladie d'Alzheimer, l'ostéoporose, les troubles alimentaires, les maladies auto-immunes et certains cancers comme celui de la thyroïde touchent majoritairement les femmes.

Les hommes au contraire sont plus fréquemment atteints d'autisme, de tumeurs du cerveau et du pancréas et plus enclins aux conduites à risque (alcool, drogues).

Les femmes font également 1,5 à 2 fois plus d'accidents liés aux médicaments que les hommes.

Mais alors que plusieurs pays européens dont l'Allemagne ont commencé à s'intéresser au problème, le monde médical français a continué à faire largement abstraction des différences biologiques au nom de l'égalité entre les sexes.

«On veut gommer les différences pour parvenir à l'égalité, alors qu'il faudrait en tenir compte dans la pratique médicale mais aussi en matière de prévention» souligne Claudine Junien, généticienne et membre de l'Académie de médecine.

Elle souligne que dès la conception l'embryon mâle ne se comporte pas de la même manière que l'embryon femelle et que 30% des gènes «ne s'expriment pas de la même manière chez les hommes et les femmes». Au niveau du foie, le taux atteint même 70%, selon elle.

«Sujets essentiels pour l'avenir»

Jusqu'à la puberté, note pour sa part l'immunologiste Jean-François Bach, il y a peu de différence chez les garçons et chez les filles, à l'exception de l'asthme plus courant chez les garçons.

«Il s'agit de sujets essentiels pour l'avenir, il faut comprendre pourquoi il y a ces différences, ce qui permettra de mieux comprendre le mécanisme de certaines maladies» ajoute-t-il.

Peggy Sastre, une philosophe, auteur de l'ouvrage «le sexe des maladies», déplore de son côté que les médicaments soient essentiellement testés sur des hommes ou sur des animaux mâles, alors que les réponses peuvent être différentes chez les femmes.

C'est pourquoi l'Académie recommande de «réviser les principes établis de la recherche fondamentale et clinique jusqu'à la pratique médicale» en tenant compte des «différences biologiques liées aux sexe» et des «contraintes liées au genre».

En Allemagne où travaille le Dr Vera Regitz-Zagrosek, cardiologue, ces facteurs sont pris en compte depuis quelques années déjà.

«Les femmes présentent des maladies cardiovasculaires différentes des hommes mais les diagnostics et les traitements ne sont pas adaptés» relève-t-elle.

Elle cite l'exemple de l'infarctus aigu du myocarde dont les symptômes, parfois différents chez les femmes, ne sont pas toujours facilement reconnus des médecins, ce qui aboutit à un retard de prise en charge de l'ordre d'une demi-heure.

C'est pourquoi l'Allemagne et l'Union européenne ont émis des recommandations spécifiques sur les maladies coronaires. D'autres maladies, précise-t-elle, devraient suivre, avec à chaque fois des référentiels disponibles dans toutes les langues de l'Union européenne.

(AFP)

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