Passer au contenu principal

Se chauffer à l'eau du lac plutôt qu'au nucléaire

Selon une étude publiée par l'institut de recherche Eawag, l'eau des grands lacs helvétiques pourrait fournir l'équivalent en énergie d'une ou deux centrales nucléaires. Et ce sans causer de dommages à l'environnement.

Selon une étude, on pourrait se chauffer à l'eau des grands lacs et non au nucléaire
Selon une étude, on pourrait se chauffer à l'eau des grands lacs et non au nucléaire
flickr cc

Les grands lacs recèlent un «énorme potentiel» d'approvisionnement en chaleur, affirme l'équipe du chercheur Alfred Wüest, professeur de physique aquatique chez Eawag.

Les profondeurs des grands lacs affichent une température constante de 4 degrés. Cela est suffisant pour produire de la chaleur à l'aide de pompes à chaleur, écrit Eawag, spécialisé dans le domaine de l«eau et des systèmes aquatiques.

A l'aide de modèles mathématiques, les chercheurs ont calculé de quelle façon la température et la couche d'eau se modifieraient si 1 gigawatt en énergie était prélevé pour produire de la chaleur ou fournir du froid.

Un million de personnes

Ceci correspond à une prestation d'une centrale nucléaire; un million de personnes pourraient être approvisionnées en énergie à proximité des lacs. Selon les chercheurs, un gigawatt est minime en comparaison des 120 gigawatts par an que les lacs perdent en raison du rayonnement infrarouge.

Selon les experts, le mercure à la surface de l'eau se refroidit de maximum 0,2 degré si 1 gigawatt est prélevé pour chauffer. La température baisse même de seulement 0,1 degré si la chaleur prélevée en hiver est compensée en été, en réinjectant de l'eau froide usagée dans le lac.

Si le mercure varie de plus ou moins 0,5 degré, cela n'a pas d'impact sur les lacs d'un point de vue écologique, affirment les chercheurs, dont les résultats ont été publiés dans le journal spécialisé «Water Resources Research».

Le constat est le même si l'on réinjecte de l'eau réchauffée dans les lacs. Cette eau prolonge seulement la stagnation estivale en moyenne d'un jour. Pour rappel, ce phénomène survient quand les eaux des profondeurs du lac ne se mélangent plus avec les eaux en surface en raison de leurs différences de températures.

Si ces changements sont négligeables pour les grands lacs, ce modèle ne pourrait en revanche pas être appliqué pour les lacs plus petits ou peu profonds, mettent en garde les chercheurs.

Même l'impact sur l'écosystème serait faible, insiste Alfred Wüest. Surtout si l'on tient compte de la quantité d'énergie fossile qui pourrait être économisée. Quelque 65% du chauffage dans les ménages suisses provient de l'énergie fossile, comme le mazout.

60 centrales nucléaires

Pour l'heure, les premiers projets se dessinent déjà. «Genève Lac Nations» veut ainsi utiliser l'eau du lac Léman pour chauffer - le cas échéant rafraîchir - les locaux de l'Ecole polytechnique fédérale, de l'Université de Lausanne et de l'ONU à Genève. Environ 1500 tonnes de mazout seraient économisées.

Les lacs Léman, de Neuchâtel, des Quatre-Cantons, de Constance et le lac de Thoune pourraient par exemple fournir plus de 60 gigawatts de chaleur utilisable, soit l'équivalent de 60 centrales nucléaires. A condition toutefois que la température à 100 mètres de profondeur ne varie au maximum que d'un degré.

(ats)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.