Chaleur: l'Asie du sud invivable d'ici 2100?

ClimatÀ cause du réchauffement climatique, les températures pourraient atteindre des niveaux insupportables pour le corps humain en Asie du sud.

Une vue aérienne de Mumbai. Un cinquième de l'humanité vit actuellement en Asie du sud. (Mercredi 2 août)

Une vue aérienne de Mumbai. Un cinquième de l'humanité vit actuellement en Asie du sud. (Mercredi 2 août)

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La chaleur humide extrême provoquée par le réchauffement climatique risque de rendre une partie de l'Asie du sud - où vit un cinquième de l'humanité - inhabitable d'ici la fin du siècle si rien n'est fait pour réduire les gaz à effet de serre.

«Vagues de chaleur mortelle»

«L'augmentation des températures et de l'humidité durant l'été pourrait atteindre des niveaux excédant la capacité de l'organisme humain à survivre sans protection», ont déterminé les chercheurs dont les travaux sont publiés mercredi dans la revue Science Advances.

«Ces vagues de chaleur mortelle pourraient même se produire d'ici seulement quelques décennies dans des régions d'Inde, du Pakistan et du Bangladesh, y compris dans les bassins fertiles de l'Indus et du Gange, d'importantes régions de production agricole», préviennent aussi ces scientifiques.

En 2015, la cinquième vague de chaleur la plus mortelle de l'histoire avait frappé une grande partie de l'Inde et du Pakistan faisant environ 3.500 morts.

De nombreuses études en Asie du sud ont établi un lien entre le changement climatique et la fréquence des canicules et leur impact sur la santé humaine.

Mais, expliquent ces chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l'Université Loyola Marymount à Los Angeles, on n'avait pas fait auparavant de prévisions de «chaleur humide» étouffante et de ses effets sur la capacité de l'organisme humain de s'y adapter.

Effets les plus dangereux

De récentes études montrent que les effets les plus dangereux de la chaleur résultent d'une combinaison de température et du niveaux d'humidité.

Cela est mesuré selon un indice composite de température intégrant les effets de la chaleur, de l'humidité et du rayonnement solaire.

Il indique la capacité d'évaporation de la sueur, le mécanisme permettant au corps humain de maintenir une température normale.

Quand cet indice de température atteint 35 degrés Celsius, l'évaporation de la sueur est très limitée et dans ces conditions la survie devient difficile.

Or, cette température critique sera atteinte en été dans la plus grande partie de l'Asie du sud d'ici la fin du siècle si l'on ne réduit pas les émissions de dioxyde de carbone (CO2). Dans quelques endroits, cette chaleur pourrait excéder les 35 degrés.

Avec un scénario prévoyant une réduction des émissions de CO2 similaire à celle sur laquelle se sont engagés les pays signataires de l'Accord de Paris sur le climat en 2015, les températures dépasseront encore les 31 degrés Celsius, considérés comme dangereux pour la santé.

Le pire n'est pas certain

Les régions les plus durement touchées seraient probablement le nord de l'Inde, le Bangladesh et le sud du Pakistan où vivent au total 1,5 milliard de personnes.

Ces régions comptent aussi parmi les plus pauvres d'Asie du sud où la une part importante de la population dépend de cultures nécessitant de longues heures de dur labeur dans les champs sans protection contre le soleil.

«Ces conditions rendent ces populations très vulnérables à ces changements du climat si aucune mesure n'est prise pour minimiser le réchauffement», explique Elfatih Eltahir, professeur d'ingénierie environnementale au MIT, l'un des principaux auteurs de l'étude.

Bien que les projections au niveau mondial indiquent que le Golfe persique pourrait devenir d'ici la fin du siècle la région du globe où se produiront les pires vagues de chaleur, le nord de l'Inde arrive juste derrière suivi par l'est de la Chine, également très peuplé.

«Nous espérons qu'il sera possible d'éviter que ces projections de vagues de chaleur meurtrières se concrétisent en Asie du sud en réduisant suffisamment les émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement climatique», pointe le professeur Eltahir, selon qui «ce n'est pas un scénario inévitable». (afp/nxp)

Créé: 02.08.2017, 22h16

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