Entrons dans les chambres d’hôpital avec les clowns!

ThéâtreDes artistes du Rire Médecin racontent sur scène leurs passages auprès des enfants. A Fribourg puis à Yverdon.

Ils sont clowns, jongleurs, musiciens, artistes, et ils disent leurs rencontres avec les enfants hospitalisés.

Ils sont clowns, jongleurs, musiciens, artistes, et ils disent leurs rencontres avec les enfants hospitalisés. Image: Philippe Cibille

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Si on n’est pas un enfant ou un adolescent malade et hospitalisé, si on n’est pas un parent ou un soignant, on ne peut pas savoir comment battent les cœurs dans une chambre lorsque débarque un clown de la clique de l’association Le Rire Médecin, en France, ou de la Fondation Théodora, en Suisse (et dans beaucoup d’autres pays). On pourra par contre en avoir une petite idée si on se déplace à Fribourg, ou à Yverdon, pour assister à la pièce de théâtre Hors-piste proposée par cinq comédiens français, des artistes qui sont aussi des clowns d’hôpital.

L’idée leur est venue de collègues brésiliens qui avaient eux-mêmes mis au point une méthode pour se raconter l’un à l’autre et de manière cohérente les moments vécus auprès des jeunes patients. Sous l’impulsion du metteur en scène Patrick Dordoigne, les cinq clowns se réunirent et réfléchirent dans l’idée d’amener, en quelque sorte, la chambre d’hôpital sur la scène des théâtres. Chaque clown arriva avec dix histoires personnelles, authentiques bien sûr, puis cette ample moisson fut triée, écrite, adaptée et devint Hors-piste en 2012.

Un accueil chaleureux

Les comédiens étaient la semaine dernière au Théâtre de Valère, à Sion, où ils ont reçu un accueil chaleureux de spectateurs de tous les âges convaincus et séduits par leur spectacle. On les rejoint: grâce à des décors et des lumières très réussis, on entre vraiment dans les chambres puis on assiste, entre silences et colères, entre sourires et refus, entre douleurs et humeurs, aux rencontres délicates que tissent ensemble, oui ensemble, les clowns et les patients.

S’agit-il d’être drôle? Ou simplement d’être présent? C’est sans doute l’une des questions essentielles qui habitent les visiteurs au nez rouge quand ils font leur travail, leur métier, en sachant qu’ils ne sont pas des thérapeutes mais que le rire peut avoir un effet thérapeutique. Tout se joue sur un mot, un son, une réplique, une astuce, beaucoup sur l’écoute, sur l’attention. Mais rien n’est jamais acquis, puisque personne ne ressemble à personne, même dans un univers que l’on résume trop à celui des «enfants malades». Comme si tous ces êtres fragiles ou fragilisés, de passage à l’hôpital, formaient un seul et immense bloc sensible aux mêmes signes. L’adolescent diabétique n’est pas la jeune fille qui a fait un tentamen ; l’enfant obstinément silencieux n’est pas cette autre demoiselle qui semble vouloir conquérir tout l’hôpital. On peut être hospitalisé pour un cancer redoutable ou pour des amygdales à enlever.

«J’adore les clowns, parce qu’ils arrivent à faire de nouveau rire ma maman»

Les clowns sont là pour tous les enfants, mais tous les enfants n’attendent pas la même chose du clown, c’est une vérité qui se perçoit intensément dans ce spectacle tous publics qui pourrait être comparé à un gros bouquet de fleurs des champs de toutes les couleurs. On y aperçoit aussi une maman, ambassadrice de tous les parents, des familles, des fratries, qui vivent en parallèle les parcours douloureux des enfants hospitalisés. «J’adore les clowns, parce qu’ils arrivent à faire de nouveau rire ma maman», a confié un gosse malade à l’un des comédiens. Dans le bouquet de fleurs, il y a bien sûr le nez rouge, accessoire dont Le Rire Médecin ne saurait envisager de se passer, si l’on en croit Marc Avelot, codirecteur: «Le nez rouge est une sorte de personnage particulier mais indispensable. D’une part, il est difficile à porter, à assumer, parce qu’il donne du clown une image vieillotte, ringarde, il faut donc dépasser cela; mais d’autre part, celui qu’on appelle le plus petit masque du monde crée à la fois une distance et un lien, il rassemble et protège.» Il n’est pas simple, pour un tel spectacle, d’être convié sur une scène pour une longue durée. La maladie, l’hôpital font peur. Raison de plus pour aller le soutenir et ressortir de là en se sentant très bien.


Sur scène Les 4 et 5 mars à Villars-sur-Glâne, à Equilibre-Nuithonie. www.equilibre-nuithonie.ch Le 10 mars (scolaire le 9 mars) à Yverdon, au Théâtre Benno Besson. www.theatrebennobesson.ch (TDG)

Créé: 02.03.2016, 17h57

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