Climat: l’Amérique fera sans Trump

Accord de Paris Aux Etats-Unis, des villes et des Etats forment un front anti-Trump sur le climat, appuyés par Bloomberg et des géants comme Apple et Google.

Front anti-Trump: même les maires de villes dans des régions plus conservatrice, comme Bloomington, Charlotte ou Pittsburgh, qui est au cœur d’un bassin minier en Pennsylvanie, ont déclaré vouloir respecter les engagements pris dans l’Accord de Paris.

Front anti-Trump: même les maires de villes dans des régions plus conservatrice, comme Bloomington, Charlotte ou Pittsburgh, qui est au cœur d’un bassin minier en Pennsylvanie, ont déclaré vouloir respecter les engagements pris dans l’Accord de Paris. Image: EPA

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Le tweet de Donald Trump est comme un cri du cœur. Face à la pluie de critiques et de condamnations qu’a provoquée sa décision jeudi de retirer les Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, le président s’est défendu en publiant un message ne comprenant que le slogan de sa campagne électorale: «Make America Great Again» (Rendons sa splendeur à l’Amérique). Pendant ce temps, la Maison-Blanche envoyait aux journalistes des citations d’élus républicains, comme celle du sénateur texan Ted Cruz «félicitant» la démarche du chef de l’Etat et assurant qu’elle sauverait des emplois américains.

L’administration américaine s’est néanmoins immédiatement retrouvée confrontée à un front anti-Trump sur le climat. Une trentaine des cinquante Etats du pays ont assuré qu’ils poursuivraient leur politique pour lutter contre les émissions de CO2. Pas moins de 86 maires ont signé une déclaration dans laquelle ils s’engagent à respecter les engagements pris dans l’Accord de Paris en 2015 et la liste ne cessait de croître ce vendredi. Parmi eux, on retrouve les maires de New York, Los Angeles et San Francisco, des bastions progressistes, mais aussi de villes dans des régions plus conservatrices comme Bloomington dans l’Indiana, Charlotte en Caroline du Nord et la ville de Pittsburgh qui est au cœur d’un bassin minier en Pennsylvanie.

Bloomberg entre en résistance

Parallèlement, les représentants d’au moins une trentaine de villes, de trois Etats, d’une centaine de grands groupes privés et de nombreuses universités préparent un plan pour les Nations Unies afin de contourner l’administration Trump et de s’engager à atteindre les objectifs des Etats-Unis dans le cadre de l’accord. Au cœur de cette résistance révélée par le New York Times, on retrouve un homme: Michael Bloomberg. L’ancien maire de New York et milliardaire s’est engagé à investir 15 millions de dollars pour aider l’ONU à lutter contre le réchauffement de la planète. «Les Américains vont honorer et respecter l’Accord de Paris», a-t-il assuré dans un communiqué.

Selon Michael Bloomberg, les villes, les entreprises et les Etats américains peuvent permettre aux Etats-Unis d’atteindre le but fixé à l’époque par l’administration Obama, à savoir une réduction d’ici à 2025 des émissions de CO2 américaines de 26% par rapport à leur niveau de 2005. L’ancien président a d’ailleurs apporté sont soutien à cette approche. Dans un communiqué publié jeudi, il a souligné sa confiance vis-à-vis de la coalition que les villes, les Etats et les entreprises sont en train de former pour «aider à protéger la seule planète que nous avons». Et jeudi, Andrew Cuomo, le gouverneur de l’Etat de New York, a annoncé des investissements de 1,65 milliard de dollars dans les énergies renouvelables.

Le rôle clé des villes

«Je pense que les villes vont jouer un rôle clé pour permettre aux Etats-Unis de se rapprocher des objectifs de l’Accord de Paris sans l’aide du gouvernement fédéral», acquiesce Gary Yohe, un membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. «Elles soutiennent les efforts des Etats comme la Californie et New York. Sans oublier des millions d’Américains qui ont entendu le message du président de la République Emmanuel Macron bien plus clairement que celui du président Trump.»

La démarche de Donald Trump a aussi été critiquée par 25 grands groupes privés, dont Apple et Google, qui avaient publié jeudi une lettre ouverte à Donald Trump dans le New York Times en l’implorant en vain de ne pas dénoncer l’Accord de Paris. Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, a quitté le groupe de conseillers économiques de la Maison-Blanche en signe de protestation. Quant à Lloyd Blankfein, le patron de la banque Goldman Sachs, il a critiqué le président des Etats-Unis sur Twitter.

Une menace «exagérée»?

Lors d’une conférence de presse combative et tendue vendredi après-midi, Scott Pruitt, le ministre américain de l’Environnement et l’un des architectes du retrait américain de l’Accord de Paris, a tenté de contrer cette fronde anti-Trump. Il a critiqué ceux qui «exagèrent» la menace du réchauffement climatique. Il a affirmé que l’Amérique n’avait pas à «s’excuser» de la décision «courageuse» prise par Donald Trump. Il a affirmé que l’accord ne contenait que des «mots» et qu’il amènerait très «peu de bénéfices pour l’environnement». Et il a refusé à plusieurs reprises de dire si Donald Trump pensait que le réchauffement climatique était une «supercherie».

(TDG)

Créé: 02.06.2017, 22h08

L'essentiel

Résistance
Après l’annonce de Donald Trump, des villes et des entreprises américaines s’engagent à faire baisser leurs émissions de carbone.

Tous contre lui
Le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris renforce la détermination des autres signataires de l’accord à aller plus loin.

Impact
Scientifiques et négociateurs suisses de la COP21 évaluent l’impact de ce retrait.

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