Les Suisses dépendent trop des somnifères

SantéDes milliers d'Helvètes sont accros aux benzodiazépines qui combattent les troubles du sommeil et l'anxiété. Le Tessin a pris des mesures.

Ce sont surtout les Romands et les Tessinois qui sont les plus dépendants aux somnifères.

Ce sont surtout les Romands et les Tessinois qui sont les plus dépendants aux somnifères. Image: AFP

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Les Suisses sont toujours plus nombreux a avoir recours aux somnifères, en particulier aux benzodiazépines qui combattent également l'anxiété, souligne La Liberté mercredi. Quelque 7,4% des plus de 15 ans ont reconnu lors d'un sondage mené en 2016 qu'ils avaient pris un tranquillisant dans les 30 jours précédant l'enquête. Une augmentation en constante hausse depuis 2011, selon l'Office fédéral de la Santé publique.

Ce sont d'abord les femmes qui consomment le plus de psychotropes. Elles sont 9,5% à recourir régulièrement aux benzodiazepines contre 5,3% chez les hommes. Mais ce sont les personnes âgées qui sont les plus touchées puisque 18,4% des plus de 75 ans déclarent en utiliser. Enfin, ce sont surtout chez les Romands et les Tessinois que ces substances sont les plus consommées, selon le journal fribourgeois.

Mesures au Tessin

Le problème est tel au Tessin que celui-ci a décidé de prendre des mesures, notamment dans les hôpitaux. En effet, 25,5% des 45'000 patients des cinq hôpitaux du canton ont «l'habitude consolidée» d'avaler des tranquillisant avant leur hospitalisation. Un taux deux fois plus élevé qu’à Berne et Zurich.

Du coup, le Tessin utilise depuis 4 ans un logiciel spécial qui analyse automatiquement les prescriptions faites dans les hôpitaux publics du canton. Résultat: le taux de nouvelles prescriptions de somnifères a baissé de 7,8% à 5,7% en trois ans. En outre, une campagne est actuellement en cours pour réduire la consommation de tranquillisants et des formations sont organisées pour inciter le monde médical à les limiter et à responsabiliser les patients.

Dangers et dépendance

Il faut dire que les patients peuvent devenir véritablement dépendants des somnifères sur le long terme. En cas d'oubli, certains ressentent ainsi des symptômes de sevrage, comme des tremblements, des sueurs ou de l'anxiété. En outre, un usage abusif peut entraîner des troubles de coordination, de mémoire, d’attention, de dépression, cardiaques et neurologiques. Chez les seniors, ils sont aussi souvent à l'origine de chutes et de fractures. Leur consommation augmente considérablement les risques de mortalité chez eux.

Interrogée par La Liberté, Corine Kibora, porte-parole d’Addiction Suisse, estime que la consommation de somnifères est un problème tabou et sous-estimé. «Il y a d’une part la demande des patients. Il peut aussi être tentant de prescrire un médicament qui est efficace immédiatement, plutôt que d’explorer les thérapies alternatives», critique-t-elle. Elle estime que le monde médical a encore bien des efforts à faire pour lutter contre les troubles du sommeil. «Les médecins ont le devoir d’informer les patients sur les risques de dépendance liés aux somnifères et de faire un suivi».

(nxp)

Créé: 18.04.2018, 12h04

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