Le bateau Race for Water démarre sa grande aventure

EcologieLe tour du monde du catamaran solaire a commencé ce dimanche en Bretagne. Le but? Lutter contre les déchets plastiques.

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Ce dimanche 9 avril est un grand jour pour l'équipe de la fondation suisse Race For Water. A 15h, son catamaran délaissera les quais de Lorient, en Bretagne, pour un tour du monde de cinq ans. Le bateau fera plus d'une vingtaine d'étapes, du Pacifique est à l'Océanie et au Moyen-Orient, pour remplir la mission qu'il s'est fixée: lutter contre les déchets plastiques qui polluent nos océans.

Samedi soir, à la veille du départ, une certaine émotion gagnait déjà l'équipe. «Je sais que je ne suis pas facile à suivre, a reconnu l'initiateur du projet et président de la fondation, Marco Simeoni, à l'occasion d'un discours. Mais grâce à vous tous, nous partons enfin!»

L'entrepreneur vaudois a entraîné dans son aventure entrepreneurs, scientifiques et navigateurs de toute l'Europe. «Nous sommes tous portés par la même conviction: il est trop compliqué de récupérer les déchets plastiques, il faut les traiter avant qu'ils n'arrivent dans nos océans», explique Serge Pittet, directeur de la fondation.

Dans la cabine du spacieux bateau, une petite exposition présente de tristes chiffres: chaque jour, pas moins de 20'000 tonnes de plastique sont déversées dans les mers. Une quantité qui ne cesse d augmenter et représente une vraie catastrophe pour la faune et la flore marine.

A bord, l'équipe de scientifiques de Ricardo Beiras, coordinateur du projet Ephemare, réalisera des analyses sur l impact des microorganismes présents dans les déchets sur la faune marine. «L'image des continents de déchets est fausse. C'est vrai que les courants ont tendance à les rassembler au milieu de la mer, mais il faut plutôt parler de soupe, car il s'agit de tout petits déchets.» Selon Ricardo Beiras, les gros déchets ne sont pas les plus problématiques car ils ne présentent pas un réel danger pour les petits poissons, qui constituent la grande part de la faune marine. «La matière plastique en soi n'est pas non plus dangereuse. Par contre, pour coller des parties ensemble les producteurs utilisent des composants qui peuvent être toxiques.»

C'est cet impact que les scientifiques se chargeront d analyser, de même que les techniques pour ramasser ces déchets. «Le but serait de créer un protocole mondial, ce qui n'existe pas encore aujourd'hui».

L'expérience ne s'arrête pas là : la fondation veut non seulement sensibiliser les populations du globe sur le ramassage de déchets, mais également rendre celui-ci attractif. Également membre du projet, l'entreprise Etia développe une machine qui transforme les déchets plastiques en énergie. «Si on veut lutter efficacement contre la population, il faut plancher sur une solution qui soit également rentable. Il faut être réaliste sur ce point là: à long terme, on ne peut fonctionner uniquement avec des dons, souligne Serge Pittet. La machine, qui tient dans un container, sera testée dans le but d'être commercialisée.» (TDG)

Créé: 09.04.2017, 12h18

Un bateau 100% renouvelable

En réalité, le Race For Water a déjà fait le tour du globe sous le nom de Planet Solar. En 2012, l'explorateur Neuchâtelois Raphael Domjan a accompli la prouesse de mener son catamaran sur plus de 60'000 km, uniquement poussée par de l'énergie solaire pendant 585 jours. Il l'a légué en 2015 à Marco Simeoni.

L'entrepreneur vaudois a voulu aller plus loin: en plus de son pont recouvert de 500 m2 de panneaux solaires, le bateau est désormais équipé de 25 réservoirs à hydrogène et d'un kite surf.

Les premiers sont destinés au stockage de l'énergie produite par les panneaux photovoltaïques. Comme l'éolien, le solaire est difficile à conserver. Lorsque les conditions sont au maximum, les panneaux produisent plus que les besoins du bateau. «C'est du gaspillage, car la durée de conservation est courte, explique Serge Pittet. Certaines étapes durent plusieurs semaines. Il fallait également trouver un moyen de stocker l énergie lorsque le bateau est à quai.» C'est là qu'interviennent les réserves à hydrogène. Le bateau est équipé d'une technologie qui permet de convertir le surplus d'énergie en hydrogène. Le gaz se conserve beaucoup plus longtemps, faisant gagner au catamaran 6 jours d'autonomie.

Une grande voile de kite est hissée à l'avant du bateau. «Lorsque les conditions sont favorables, la voile permet de couper tous les moteurs et de faire avancer le bateau sans utiliser d'autres énergies», explique Edouard Kessi, grand navigateur et membre temporaire de l'équipage. Difficile de s'imaginer, lorsqu'on lève la tête vers cette voile légère, qu'elle est capable de tracter un bateau de 90 tonnes. «C'est extrêmement puissant, reconnaît celui qui a participé à l'aventure Solar Impulse. Mais cela a déjà fonctionné sur des bateaux plus gros encore!»

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