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Prix Fashion 2020Sans défilés ni podiums, la HEAD couronne ses talents de la mode

Mesures sanitaires obligent, candidats et jury ont interagi par écrans interposés. Les lauréates sont désormais connues et ont fière allure.

Un sac de la série présentée par Lou Chartres, colauréate du Prix Master Firmenich.
Un sac de la série présentée par Lou Chartres, colauréate du Prix Master Firmenich.
ALICIA DUBUIS

L’événement, à n’en pas douter, restera dans les annales avec une étiquette marquante: ce sera à jamais le défilé des premières fois. Les faits inédits, les voici: pour son rendez-vous annuel, attendu et très couru, consacré aux productions de son Département Design Mode et accessoires, la HEAD couronne deux étudiantes candidates dans la catégorie principale. Et cet ex aequo constitue une première absolue dans l’histoire de la haute école genevoise. Ainsi, le Prix Master Firmenich – une enveloppe de 10’000 francs – va à Lou Chartres dans la discipline de l’accessoire et à Sarah Bounab dans celle du prêt-à-porter. Le jury, présidé par Kristelle Kocher, qui est à la fois à la tête de la marque KOCHÉ et à la direction artistique de la Maison Lemarié (Chanel), a été conquis par le travail sur le sac à main de la première. «Mêlant fonctionnalité et humour, Lou Chartres donne une réponse très personnelle à une problématique contemporaine en conciliant mobilité et élégance», argumentent les quatorze jurés internationaux, qui saluent par ailleurs «une créatrice dans l’air du temps dont le concept intriguera et séduira certainement plusieurs publics différents».

Pièce de la collection présentée par Sarah Bounab, lauréate dans la catégorie prêt-à-porter.
Pièce de la collection présentée par Sarah Bounab, lauréate dans la catégorie prêt-à-porter.
MATHIEU CAR

Les éloges tombent aussi en cascade sur les propositions de la deuxième lauréate. Dans ses motivations, les experts relèvent que «Sarah Bounab a su transposer dans sa collection un univers très contemporain, empreint de culture digitale rétro futuriste. Elle a témoigné d’une grande maîtrise du vêtement (tailoring), des matières, des techniques (broderies, ornements), tout en partageant une énergie gracieuse et originale. […] Le savoir-faire autour du tailleur a retenu toute l’attention du jury, notamment par la précision des patronages et la force des silhouettes proposées.» D’autres récompenses, quatre en tout, ont été décernées par l’institution dans la journée de mardi. Relevons notamment le Prix Bachelor Bongénie, qui va à Fatma Eshabbi, étudiante d’origine libyenne dont le travail est inspiré par les souvenirs de son enfance. Et le Prix La Redoute, qui consacre la proposition de Céline Schmid, marquée dans sa trame par les imperfections et l’usure des vêtements.

Ce défilé des premières fois est celui, aussi, de l’absence de… défilé. La pandémie que l’on sait a cloîtré chez eux les étudiants durant de longs mois, lors de la première vague. Coupés de leurs ateliers et du corps professoral, les vingt-sept candidats au concours ont travaillé d’arrache-pied pour valoriser leurs démarches à travers des portfolios numériques inventifs. C’est sur ces matériaux précisément que les jurés ont posé leurs regards, à distance et par écrans interposés, le 20 novembre dernier.