Sacs en plastique, les six alternatives en vogue

ConsommationCoton, papier, bioplastique... Quel est le bilan écologique des remplaçants au sachet classique? Tour d'horizon.

Depuis des années, on trouve des sacs en polypropylène dans les supermarchés suisses. Si cette version reste à base de plastique, elle est toutefois composée de matière recyclée.

Depuis des années, on trouve des sacs en polypropylène dans les supermarchés suisses. Si cette version reste à base de plastique, elle est toutefois composée de matière recyclée. Image: LUCIEN FORTUNATI/ARCHIVES

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Comment se passer de ces sacs en plastique dont la cote ne cesse de baisser au vu de la pollution qu’ils peuvent générer? La réponse à cette question n’est pas simple étant donné qu’in fine chaque alternative existante nécessite l’utilisation de certaines ressources (en énergie ou en eau). Certaines solutions de rechange présentent toutefois un bilan écologique plus favorable que d’autres. Pour remettre un peu l’église au milieu du village, nous avons choisi de faire le bilan de six alternatives actuellement en vogue.

1) Sac en coton

Les sacs en toile, également connus sous le nom de «tote bag», relèvent actuellement de l'objet de mode. Leur popularité croissante est naturellement liée à l’idée d’un excellent bilan écologique. Il y a un an, une étude danoise remettait toutefois cet aspect-là en question. En prenant en compte toute une série de critères (toxicité pour l’être humain, diminution de l’ozone, utilisation d’eau…), le sac en coton ne bat celui en plastique que s'il est réutilisé plusieurs milliers de fois. «Les alternatives aux objets jetables ont aussi un impact sur l’environnement. Quand on remplace un objet à usage unique par un objet réutilisable, il faut s’assurer qu’il serve réellement plusieurs fois», rappelait sur le site Numerama un membre de l’ONG Zero Waste France.

2) Sac en papier

Comme celui en coton, le sac en papier n’est pas exempt d’un bilan écologique controversé. En plus d’être énergivore et gourmand en eau, il nécessite naturellement de faire appel à une ressource dont les réserves, vu la déforestation actuelle, sont en déclin partout dans le monde. C’est par ailleurs le principal argument présenté par les grands distributeurs suisses au moment où Berne réfléchissait à interdire la version en plastique. Contrairement au sac en coton, après trois réutilisations, le bilan écologique de celui à base de papier s’équilibre. Sa fragilité (peu résistant à la pluie) ne joue par contre pas en sa faveur, même si le papier a l’avantage de se recycler bien plus facilement.

3) Sac en polypropylène

Depuis des années, on trouve ces sacs dans les supermarchés suisses. Si cette version reste à base de plastique, elle est toutefois composée de matière recyclée. Presque aussi bon marché à produire que le sac en plastique normale, ces alternatives présentent de multiples avantages à l’exemple de leur solidité et de la charge de marchandises qu’elles peuvent transporter. Dans les plastiques, le polypropylène remporte clairement la palme pour autant qu’il soit bel et bien aussi réutilisé au minimum plus d’une dizaine de fois. À cela s’ajoute encore le fait que cette matière est également recyclable.

4) Sac en bioplastique

Coût de production élevé, plasticité plus faible, résistance moyenne à la température, durée de vie plus courte, utilisation de ressources alimentaires (à base d’amidon de maïs, de blé ou encore de fécule de pomme de terre) pour ceux de première génération, les sachets en bioplastique n’ont de loin pas su gagner les faveurs des défenseurs de l’environnement. À cela s’ajoute encore la fausse impression que végétal signifie biodégradable. Ces plastiques ne se décomposent en effet que dans des conditions spécifiques propres au compostage.

5) Sac en plastique oxo-dégradable

Derrière ce qualificatif barbare, il faut comprendre que si ce sac est issu du pétrole, sa dégradation sous l’effet de la chaleur et de la lumière est accélérée grâce à l’ajout d’un oxydant. Contrairement à ce que certaines enseignes tentent de faire croire, ces sacs «oxo» n’ont de loin pas les vertus environnementales espérées. Ils ne sont par exemple pas du tout biodégradables. «Ces sacs n’ont rien, mais alors rien du tout d’écologique», confirmait sur les ondes de la RTS la conseillère nationale Vert’libérale Isabelle Chevalley.

6) Sans sac

Et si finalement la seule alternative viable au sac en plastique était simplement de se passer de sachets et de miser sur la vente en vrac. «À l’avenir, il serait bénéfique de privilégier les magasins qui vendent leurs produits de cette manière et suivent une politique de zéro déchets», assure Mathias Schlegel. Pour le porte-parole de Greenpeace Suisse, «l’utilisation de contenants réutilisable pour emballer chaque produit de consommation permettrait d'économiser de nombreux emballages». Si quelques nouvelles enseignes spécialisées dans le vrac sont apparues ces dernières années, elles sont encore peu nombreuses. Quant aux grandes surfaces, elles peinent malheureusement à s’y mettre.

Créé: 03.07.2019, 17h02

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