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Avant YB – ServetteRouiller: «Servette va mieux. Et moi aussi!»

Le patron de la défense grenat n’a pas manqué une minute depuis le début de la saison. Gros plan sur un héros grec à quelques heures du match YB – Servette (ce dimanche à 16h).

Steve Rouiller, héros grec d’un Servette prêt à défier YB à Berne, ce dimanche. Il n’a pas manqué une minute depuis le début de la saison. Malgré les semaines anglaises ou le Covid-19 qui l’a touché.
Steve Rouiller, héros grec d’un Servette prêt à défier YB à Berne, ce dimanche. Il n’a pas manqué une minute depuis le début de la saison. Malgré les semaines anglaises ou le Covid-19 qui l’a touché.
Eric Lafargue

On le croit Hercule et il l’est. On l’a vu Achille, parce que touché parfois malgré lui. Il peut bien être Ulysse aussi, héros d’une odyssée servettienne, toujours à s’élever contre l’adversité. Steve Rouiller n’est pas Grec, mais dans la mythologie grenat, il porte des valeurs fortes depuis plus de deux ans maintenant.

Il sera de l’épopée en terres bernoises ce dimanche. Par la force des choses: Sasso est blessé, Ondoua est incertain, il est le patron de la défense de Servette et il faudra sûrement toutes les qualités du Valaisan pour défier le triple champion en titre dans son antre du Wankdorf.

Il n’a pas manqué un match!

L’exercice est périlleux. D’abord, la répétition des matches: dix rencontres de Super League, deux d’Europa League (tours préliminaires) depuis le début de la saison. Il a joué l’entier de ces matches, douze sur douze. Il n’y a que Frick pour l’imiter. Mais Frick est gardien. Oui, il y a du Hercule chez cet homme de 30 ans, pour être inamovible à ce point. Oui, il y a aussi un peu dAchille en lui pour ses rares fragilités. Quand il baisse de rythme cet été, à force de répéter les performances à un rythme fou. Ou cet automne, quand il est touché par le Covid. Il est aussi cet Ulysse qui ne renonce jamais, qui veut sans cesse guider les siens, il y a toujours un monstre fantastique à terrasser.

Est-ce bien raisonnable? Jouer autant? «Je n’ai pas loupé une minute depuis la reprise, c’est vrai», s’amuse-t-il. Encore une vertu héroïque: se jouer du danger. «Je me sens bien et j’en parle souvent avec le staff, explique Rouiller. Physiquement cela va, mentalement aussi. Tant qu’il n’y a pas de souci particulier, j’aime jouer. Et puis Vincent Sasso est blessé.» Là encore, la conscience du héros quant à ses responsabilités.

Touché par le Covid

Alors Rouiller répond présent, forcément. Malgré les épreuves traversées. Quand Servette a été touché par le Covid, Rouiller a été frappé personnellement. «Pas simple, dit-il sobrement. Le club a été placé en quarantaine, physiquement j’ai été diminué. Beaucoup de fatigue, se baisser pour ramasser un truc par terre était devenu pénible, j’ai senti mon endurance faiblir. Cela a duré dix jours. Ensuite, il a fallu retrouver les sensations, cela a pris du temps. Et il a fallu aussi retrouver le terrain juste après, en recommençant avec des semaines anglaises.»

Pendant dix jours, j’ai dormi seul dans une pièce. Ma femme et mes enfants restaient à distance de moi.

Steve Rouiller, défenseur central du Servette FC

Pour le héros, le combat est physique, mais moral également. «Oui, c’était compliqué à la maison, sur un plan plus personnel, lance le défenseur. Pendant dix jours, j’ai dormi seul dans une pièce. Ma femme et mes enfants restaient à distance de moi. C’est parfois dur de faire comprendre à tes enfants que tu ne peux plus leur faire de câlins, les embrasser. Enfin, c’est dur… C’est dur oui, mais je crois qu’ils l’ont compris assez bien et assez vite. C’était peut-être pour moi que c’était le plus compliqué à vivre.» Le héros et le dépassement de soi.

En parallèle, plusieurs combats donc. Contre le virus, contre soi, contre la fatigue. Et contre l’idée d’un Servette qui se serait perdu en chemin. Mais le héros ne doute pas.

Des assurances de retour

«Notre nouveau système se met en place, assure-t-il. Il a l’avantage de nous donner une certaine assise défensive, avec un No 6 et deux Nos 8. Et il nous permet d’exploiter le jeu de transition, en contre, avec nos deux 8 qui savent vite se projeter devant. Il a fallu un peu de temps pour intégrer les nouveaux venus, mais les choses se mettent en place. La présence désormais d’un Gaël Clichy, qui apporte son vécu, son expérience, fait du bien. Servette va mieux. Moi aussi. Nous avons retrouvé une forme de solidité défensive et les occasions sont de retour devant, où Kyei fait du bien, en gardant des ballons, en nous permettant de respirer.»

Ce dimanche, à 16 heures, il faudra se confronter à un monstre de plus. Young Boys. Le souvenir du 0-0 à la Praille, le 17 octobre, est toujours vif. «Un immense pressing, qui nous avait mis en grande difficulté, résume Rouiller. Mais nous avions tenu bon. Il faudra être très solide dimanche, oui. Et ne pas oublier que nous avons aussi des arguments pour faire mal à YB.»

Le héros montre sa valeur et son courage en se confrontant à des adversaires exceptionnels. De là vient sa renommée. Steve Rouiller est un héros grec de ce Servette prêt à défier YB.