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La chronique de Rosette Poletti
«Je n’arrive à pas rester serein face aux grandes épreuves de la vie. Comment faire?»

Yverdon, le 21 decembre 2017. Rosette Poletti. Photo: Sebastien Anex
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Votre question cette semaine

«Comment font les gens pour rester sereins ou pour trouver la sérénité alors qu’ils traversent de grandes épreuves: maladies graves, deuils, faillites, chômage? Y a-t-il une méthode? Moi, je n’y arrive pas! Je me révolte, je m’en veux, j’en veux aux autres, je déprime, j’imagine le pire. Pourtant, je désire trouver cette fameuse sérénité! Par où commencer?»

Voici ma réponse

La sérénité, tant recherchée, est un état de calme, de tranquillité, de confiance, de paix intérieure. En tant qu’êtres humains, nous ne pouvons pas (sauf quelques personnes exceptionnelles!) connaître sans cesse cet état intérieur. Lorsque nous sommes confrontés à une épreuve, nous ressentons de l’anxiété ou de l’angoisse, nous sommes dans l’insécurité, nous imaginons des suites difficiles ou encore, comme l’écrit notre correspondante, nous nous révoltons. Nous en voulons à nous-mêmes, aux autres, nous ne contrôlons plus ou mal nos émotions.

Tout cela, c’est normal! Toute l’histoire de l’humanité nous a préparés à nous défendre contre les dangers, à faire face à l’adversité et chacun a développé des moyens uniques à travers son histoire de vie.

Il se trouve que certains moyens, certaines stratégies sont plus utiles que d’autres, c’est pourquoi nombreux sont ceux qui recherchent une plus grande sérénité.

Accepter la réalité

La première consiste à accepter la réalité, à accepter ce qui est. De notre naissance à notre mort, la vie ne nous apporte pas forcément ce que nous désirons, loin de là. Est-ce la vie qui doit être modifiée? Ou est-ce à nous d’accepter ce qui est? Accepter la réalité ne veut pas dire être fataliste. Accepter ce qui est juste pour le moment est la seule manière de pouvoir, éventuellement, changer, modifier ce qui est ou s’y adapter positivement.

Lorsqu’on devient capable de consentir au fait que «ce qui a eu lieu a eu lieu», alors la colère cesse, la révolte s’apaise et la créativité peut à nouveau s’exercer en vue de trouver des pistes, des stratégies, des solutions. On peut renoncer à s’en vouloir en pensant qu’on aurait dû, qu’il aurait fallu ou que d’autres auraient dû agir différemment.

La culpabilité est l’un des freins à l’acceptation de ce qui est. On imagine souvent qu’en agissant autrement, on aurait pu, peut-être, éviter le drame actuel. Je me souviens du désarroi d’un homme, grand fumeur, atteint d’un cancer du poumon et qui avait pris conscience de la manière dont il avait (probablement) participé à l’apparition de sa maladie. Non seulement il devait faire face à sa pathologie, mais aussi à cette culpabilité qui le tenaillait et était totalement inutile à ce stade. Le grand psychiatre Viktor Frankl avait coutume d’aider ses patients en leur disant: «À n’importe quel moment de votre vie, vous avez fait le mieux que vous pouviez faire, en fonction de vos connaissances, de vos compétences, de votre courage, de vos difficultés, de soutien ou de l’absence de soutien que vous connaissiez.» Il continuait: «Ne regrettez rien, gardez toute votre énergie pour faire face à ce qui vous confronte ici et maintenant!»

Accepter ses émotions

Ensuite, il faut accepter ses émotions, les reconnaître, les partager, les exprimer sous une forme ou une autre. C’est bien plus utile que les refouler, les nier ou les dévaloriser.

Prendre soin de soi

Il est essentiel de se donner le droit de vivre l’épreuve que l’on traverse. Il est souvent nécessaire de se reposer davantage, de manger sainement, de pratiquer des activités qui détendent et ressourcent. On sait prendre soin de soi lorsqu’on a un problème physique; pourtant, le deuil, les renoncements, les épreuves morales sont tout aussi difficiles à traverser.

Revoir ses objectifs

Lorsque c’est possible, il est bénéfique de revoir ses objectifs de vie, de faire l’inventaire de ce que l’on croit essentiel à accomplir afin de se décharger de certains fardeaux inutiles. Cela peut sembler paradoxal pour certains, mais cultiver la gratitude, identifier ce qu’il y a de réjouissant dans l’existence malgré l’épreuve, permet de maintenir un état d’esprit positif et, peut-être, de s’approcher à nouveau de la joie.

Dimension spirituelle

La spiritualité est aussi très utile pour faire face aux épreuves. Que ce soit à travers les différentes méthodes de méditation, comme la «pleine conscience», ou les méditations liées à des religions spécifiques, que ce soit à travers la prière ou la lecture des grands textes religieux, chacun peut trouver ce qui correspond à ses croyances.

Ne pas rester seul

Enfin, il est essentiel de chercher du soutien, de partager ses préoccupations avec des amis, des proches ou un professionnel. Parler de ce que l’on vit permet souvent de prendre du recul, de ressentir la solidarité des autres.

Finalement, avancer vers la sérénité revient à cesser de se demander «pourquoi cela m’arrive-t-il?», «pourquoi à moi?» et parvenir à envisager la situation autrement en se demandant «pour quoi?» afin d’utiliser cette expérience pour en faire quelque chose ou en tirer un enseignement, pour soi-même ou au profit des autres. Il est possible de trouver la sérénité dans l’épreuve, mais cela exige du temps, de la patience, de l’acceptation de soi et de la vie telle qu’elle se présente.

À vous, amis lecteurs, je souhaite une très belle semaine et bonne route vers la sérénité.

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