Notre histoireRosemonde de Rouelbeau et l'Escalade
Une jeune fille aurait essayé de prévenir sans succès Genève de l’attaque savoyarde.

Le 26 janvier 1901, sa famille mettait en terre au cimetière de Choulex Madame veuve Tronchet née de Foncenex, âgée de 86 ans. Cette vieille dame qui demeurait à la Capite, où elle était décédée trois jours plus tôt, portait le nom du hameau voisin de Veigy appelé Foncenex. C’était celui d’une seigneurie que la famille Daviet de Foncenex avait possédée au XVIIIe siècle.
Il y a cinquante ans, Jean-Claude Mayor transmettait dans la «Tribune de Genève» du 13 décembre 1974 un vieux récit que lui avait fait Louis Tronchet. Une histoire que ce dernier tenait de sa grand-mère Colette de Foncenex, Madame veuve Tronchet.
La dame racontait dans sa boutique de la Capite l’histoire de Rosemonde de Rouelbeau qui vivait non loin de là au début du XVIe siècle. Cette jeune fille avait pour père Bertrand de Rouelbeau, qui régnait en despote sur la Capite, Bonvard et les deux Carre. Son fief était en Savoie. La mère de Rosemonde, qui était Genevoise, avait pris la coupable initiative de redevenir protestante après son mariage, ce que son mari catholique ne lui avait pas pardonné. Il l’avait enfermée dans son château.
Cuirasse au cirage
Un soir de décembre 1602, Rosemonde vit son père passer sa cuirasse au cirage et partir rejoindre les troupes de Charles-Emmanuel de Savoie aux abords de Genève. Rosemonde comprit que quelque chose de sérieux se préparait contre la cité. Elle fit boire les gardes pour les empêcher de la suivre, enfourcha un cheval rapide et galopa vers Genève pour donner l’alerte. Y réussit-elle? Il est permis d’en douter puisque, la nuit venue, la surprise des Genevois fut complète et plusieurs furent tués.
L’arrivée à brides abattues de cette jeune personne à la porte de Rive n’était sûrement pas passée inaperçue, mais ses avertissements ne furent sans doute pas pris au sérieux.
Madame veuve Tronchet savait-elle qu’il ne restait déjà plus grand-chose, en 1602, de l’ancienne forteresse de Rouelbeau? Les seigneurs se contentaient d’une maison forte dite de la Bâtie, hantée depuis le Moyen Âge par une dame blanche, épouse adultère et répudiée d’un ancien châtelain.
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