Roman graphiqueCadences infernales en usine
Dans «Le Grand Je», Rachel Deville dépeint un monde absurde et étrange, finalement très semblable au nôtre.

Gare aux cadences infernales. Harcelés par un petit chef adepte de l’expression «Yaka» (trouver des solutions, s’adapter, travailler davantage), des esclaves modernes triment en usine, façon Chaplin dans «Les temps modernes». Dépourvus de bras, de jambes ou de tronc, ces ouvriers spécialisés assemblent des pièces et actionnent des machines. Comme Gus Derrien, l’un d’entre eux, le seul à être doté de trois têtes.

A l’inverse de ses camarades de tables de montage, ce dernier broie du noir, et boit pour oublier sa quête de sens et d’identité. Personnage angoissé en perpétuel tension avec lui-même, ce solitaire mal dans sa peau consulte un psy qui constate que chacune de ses têtes possède une personnalité différente… Vous avez dit bizarre?

Originaire de Saint-Etienne (F), vivant et travaillant à Genève depuis 2020, Rachel Deville dépeint dans «Le Grand Je» un monde absurde et étrange, finalement très semblable au nôtre. Son noir et blanc tranché sert un propos mariant psychanalyse et lutte des classes, sur fond de déterminisme et d’injustice. Un livre à prix. On parie sur le Töpffer?

«Le Grand Je», Rachel Deville, Ed. Atrabile, 160 p.
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