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LuxeRichemont très impacté par le virus

Le propriétaire de Cartier et IWC a enregistré un fort repli de son bénéfice net pour son exercice 2019-2020.

Les logos des sociétés Richemont et Baume et Mercier photographiés à Bellevue près de Genève (Archives).
Les logos des sociétés Richemont et Baume et Mercier photographiés à Bellevue près de Genève (Archives).
KEYSTONE / Martial Trezzini.

Le groupe de luxe Richemont a enregistré un fort repli de son bénéfice net pour son exercice 2019-2020, notamment en raison d’un effet unique. Le propriétaire de Cartier et IWC a fortement subi au 4e trimestre l’impact du coronavirus et ce dernier devrait se renforcer au cours des prochains mois.

«Nous allons peut-être être confrontés à 12, 24 ou 36 mois de graves difficultés économiques. C’est peut-être trop pessimiste, mais qui sait», s’est interrogé le président du conseil d’administration, Johann Rupert, cité dans le communiqué publié vendredi.

Chute des ventes

Au dernier partiel allant de janvier à mars, le chiffre d’affaires du propriétaire de Piaget a baissé de 18%, en raison du recul de la zone Asie-Pacifique, où Hong Kong, premier marché de l’industrie horlogère suisse, a vu ses ventes chuter de 67%.

Les ventes ont cédé 9% en Europe et progressé de 9% dans la zone Amériques.

«Cette baisse des recettes est moindre qu’anticipé mais le premier trimestre de l’exercice en cours couvrant avril à juin sera marqué par une chute plus accentuée», anticipe l’analyste René Weber de Vontobel.

Reprise en ChinePar ailleurs, l’entreprise genevoise a souligné le manque de visibilité sur le reste de l’année en cours. Mais les marques du groupe «survivront à ces temps difficiles», grâce notamment à la solide trésorerie du groupe qui s’élève à 2,4 milliards d’euros, a souligné le président.

Chute de la rentabilité

«Nous voyons des premiers signes d’amélioration dans notre activité. Depuis que nos 462 boutiques en Chine ont rouvert, nous y avons constaté une forte demande», a ajouté M. Rupert lors d’une conférence téléphonique.

La reprise dans les autres marchés pourrait cependant prendre davantage de temps qu’en Chine, la vente des montres et bijoux de luxe, en Europe notamment, dépendant aussi beaucoup des flux touristiques chinois, qui eux mettront davantage de temps à reprendre des couleurs.

Les concitoyens de Xi Jinping permettent en effet d’engranger plus d’un tiers des recettes du secteur du luxe au niveau mondial.

Durant l’exercice sous revue, clos fin mars, le résultat net a dévissé de 67% à 931 millions d’euros, en partie à cause de la non-récurrence d’un gain de 1,38 milliard lié à l’acquisition de Yoox Net-à-porter, l’entreprise spécialisée dans la vente en ligne de produits de luxe, et des effets de changes. Hors charge exceptionnelle, le repli s’est inscrit à 34%.

Le bénéfice opérationnel (Ebit) a lui chuté de 22% à 1,52 milliard et la marge afférente a diminué à 10,7% contre 13,9% il y a un an.

L’e-commerce progresse

La division joaillerie qui pèse à hauteur de 51% du chiffre d’affaires a vu son Ebit céder 7% tout en gardant une marge de 28,8% tandis que celui de l’horlogerie a dévissé de 20% et a une marge afférente de 10,6%.

«Même en tenant compte des effets uniques, l’Ebit est bien inférieur aux attentes», souligne l’analyste Zusanna Pusz d’UBS.

Le chiffre d’affaires annuel pour sa part a pris 2% à 14,2 milliards mais il est resté stable hors effets de changes. La performance a été portée par la vente en ligne et la joaillerie. Le repli de l’Asie-Pacifique a été en partie compensé par les régions Amériques, Europe et le Japon.

Eventuelle prime pour les actionnaires

Les ventes en ligne ont atteint 19% du chiffre d’affaires du groupe à la fin de l’année, contre 16% il y a un an. Ce secteur a cependant aussi souffert du Covid-19, car Richemont a été obligé de fermer la plupart de ses centres de distribution au plus fort de la crise sanitaire.

Même si Yoox Net-à-porter (YNAP) continue à accuser des pertes, cette activité permet à Richemont de se renforcer dans ce segment vital pour le futur, met en exergue la banque Vontobel.

L’ensemble des résultats est inférieur au consensus AWP, en particulier au niveau du bénéfice net. Ce dernier était attendu en moyenne à 1,25 milliard.

Le dividende a été divisé par deux à 1 franc en comparaison annuelle pour préserver les liquidités en ces temps difficiles. Le propriétaire de Vacheron Constantin étudie cependant la possibilité d’offrir aux actionnaires une forme supplémentaire de récompense pour compenser en partie la réduction du dividende par action payée en espèces.

Le titre chute à la Bourse suisse

«Une telle prime de fidélité pourrait éventuellement prendre la forme de la distribution aux actionnaires d’un instrument leur permettant d’acquérir d’autres actions à des conditions avantageuses», a expliqué le président du conseil d’administration, Johann Rupert.

Richemont devrait donner plus de détails sur ce point dans les six à huit prochaines semaines.

À 13 h 30, le titre cédait 2,9% à 50 fr. 74, affichant l’une des plus mauvaises performances du SMI qui s’inscrivait en hausse de 0,34%.

ATS/NXP