Réquisitoire après le décès d’une mère«Je vous fais grief, Docteur, de ne pas avoir admis votre tort»
Le procureur Christian Buffat déplore une omission, comme cause unique du drame qui a coûté la vie d’une jeune maman. Il requiert une condamnation du médecin prévenu pour homicide par négligence.

Le procureur Christian Buffat vient de requérir une condamnation du médecin-chef de l’Ensemble hospitalier de la Côte, poursuivi après le décès d’une jeune mère. Il estime qu’il s’est rendu coupable d’homicide par négligence et réclame une peine de 30 jours-amende à 500 fr. avec sursis. Une sentence qui tiendrait compte de la diligence de ce praticien qui, par ailleurs, s’était impliqué sans compter pour sa patiente, qu’il avait opérée après les dégâts causés par une césarienne compliquée. La mère de trois filles était décédée d’une infection rénale plusieurs jours après son retour à domicile.
Aux yeux du Parquet, quand ce médecin-chef en gynécologie et obstétrique a omis de recueillir l’avis d’un urologue qu’il avait sollicité, il a commis la faute qui est la «cause de tout». Sans cette omission, rien de ce qui a pu être fait ou conseillé ensuite, par d’autres soignants ou par la patiente, ne se serait produit. Après avoir opéré la jeune femme qui venait de donner naissance à une fillette par césarienne, le prévenu avait ordonné un examen radiologique, inquiet d’avoir pu toucher l’uretère gauche.
«Quand on a demandé soi-même un examen, on se soucie du résultat. On ne peut pas conclure que «pas de nouvelles, bonnes nouvelles», comme nous l’a dit le prévenu. C’est médicalement inacceptable.»
Le résultat radiologique laissait apparaître une anomalie au niveau du rein gauche et malgré cela, l’homme ne s’est jamais assuré de recueillir l’avis de son collègue urologue sur cet examen. Il avait pensé aux conséquences ordinaires de la grossesse et de l’œdème postopératoire. «Quand on a demandé soi-même un examen, on se soucie du résultat. On ne peut pas conclure que «pas de nouvelles, bonnes nouvelles», comme nous l’a dit le prévenu, s’est désolé Christian Buffat. C’est médicalement inacceptable. La violation des règles de l’art est acquise. Il y a une faute et il faut arrêter de tourner autour en essayant de ne pas la regarder. C’est ça le grief que je vous fais, Docteur! La reconnaître aurait fait de vous un praticien exemplaire. En vous retranchant derrière une attitude louvoyante vous vous desservez.»
Le juge unique du Tribunal de police qui statue sur ce cas dira lundi prochain s’il suit ce raisonnement. Les plaidoiries des parties civiles et de la défense se poursuivent.
Développement suit.
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