En exportant ses demandeurs d’asile, l’Italie de Giorgia Meloni déshumanise les personnes concernées et continue de perdre un peu plus son âme. Elle cache et envoie à bonne distance celles et ceux dont elle ne veut pas. On parle d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont risqué leur vie en traversant la Méditerranée, fuyant – pour beaucoup – la guerre et la famine.
Qu’il s’agisse de requérants en cours de procédure ou déboutés, la Suisse est aussi tentée d’externaliser son asile. Le Conseil national a ainsi accepté le mois dernier une motion PLR pour renvoyer les Érythréens déboutés vers un pays tiers. Les regards se tournent vers l’Albanie et le Rwanda, qui a accueilli un temps les demandeurs d’asile à destination du Royaume-Uni. Ce «modèle» britannique, abandonné par les travaillistes, inspire d’ailleurs l’UDC, qui souhaite externaliser l’asile en Afrique.
Nous connaissons pourtant l’impact néfaste de ces exils. L’Australie offre ainsi un peu de recul par rapport à cette pratique. Elle a envoyé pendant près de dix ans, jusqu’à l’an passé, ses requérants loin de son territoire, vers de petites îles du Pacifique. Le bilan, dénoncé par des ONG: les personnes concernées ont développé de graves problèmes psychologiques du fait de l’éloignement et des mauvaises conditions de détention.
Notre pays ferait donc mieux de se tenir loin de mesures qui l’honoreraient bien peu. La solution existe déjà. Elle consiste à accepter la construction de structures suffisantes sur notre territoire et à s’assurer qu’elles soient adaptées. Et cela en écoutant ceux qui vivent à côté de ces centres, dans le canton de Vaud ou de Genève par exemple, pour réfléchir à un vivre-ensemble. S’il ne s’agit pas d’ouvrir ses portes à toutes et à tous, il ne faut pas non plus perdre son humanité.
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Éditorial – Requérants exportés: ne perdons pas notre humanité
L’Italie va ouvrir un centre d’asile en Albanie le 1er août prochain. La Suisse est aussi tentée par une telle expérience, qu’elle ferait bien d’éviter.